Tu aimes manger dans ma main, n’est-ce pas élodie?
Bonne petite bête!
Tu aimes manger dans ma main, n’est-ce pas élodie?
Bonne petite bête!
Bien que je remarque aussi la corrélation entre "fille à problèmes" et "homme sauveur" - et ce, tant dans les relations BDSM que vanilles -, je ne suis pas certaine que les deux se cherchent toujours consciemment ou même inconsciemment. Je dirais même plus: les paquets de troubles sont parfois des personnes gratifiantes à aimer, au-delà du plaisir narcissique que leur partenaire peut tirer du fait d’être central dans leur vie. Le ciment du couple n’est pas forcément la relation d’aide.
Cette réflexion me vient d’un de mes psychologues il y a quelques années. J’ai beaucoup médité là-dessus depuis. Si on ne regarde que le mauvais côté de la médaille, c’est-à-dire, les divers traits qui découlent des aspects troublés de la personnalité du "paquet de trouble", on pourrrait se demander ce qu’il y a pour l’Autre significatif dans la relation: immaturité, vulnérabilité, méfiance envers les autres, mésamour de soi? En revanche, comme pour toutes les médailles, l’autre face présente des caractéristiques adorables: la sensibilité qui donne à voir le monde sous un jour rarement monochrome, la candeur en toute chose, une capacité et un intérêt à toucher à des sentiments profonds et à guider l’autre dans ce chemin, une certaine spontanéïté et j’en oublie certainement de meilleures.
Mon psy disait parfois que "les paquets de trouble" étaient en fait très attachants et que c’est à l’intérieur de la relation de tendresse avec le partenaire que le désir d’aider nait en celui-ci. D’ailleurs, en début de relation, le paquet de trouble ne manque généralement pas d’avertir son partenaire qu’il ne s’embarque pas dans une mince affaires, mais les sentiments déjà en place font que ces avertissements ne sont entendus que d’une oreille distraite…
Une fois la relation d’aide tissée à même le canevas relationnel, le paquet de trouble a souvent beaucoup de pouvoir sur son partenaire et ses émotions… Parmi les traits négatifs du paquet de trouble, il y a en effet une propension à manipuler, à se placer au centre et à offrir un rôle périphérique au partenaire. Il m’est arrivé exactement cela dans une longue relation vanille qui a précédé ma relation avec mon amour-Maître. J’ai souvent eu l’impression d’avoir une relation SM avec mon partenaire, où j’étais celle qui tenait le martinet, psychologiquement parlant.
Quand je me suis tournée vers le BDSM en tant que soumise, j’espérais avoir mis le doigt sur un modèle relationnel qui ne permettrait pas ce déséquilibre qui s’installait progressivement, plus fort que moi. En bout de ligne, j’ai trouvé un partenaire qui sait négocier son espace vital dans notre lien, mais qui est très investi dans le fait de m’aider à définir le mien. Ainsi, je pense que je suis mieux accompagnée par un adulte équilibré avec une colonne dorsale et une oreille attentive que par un Maître froid, préoccupé seulement par lui-même et inintéressé par mes enjeux. L’Amoureux plus que le maître me rend meilleure.
C’est certain qu’être un paquet de trouble n’a jamais été une fierté, tout au contraire, mais j’ai au moins la certitude d’être aimée avec mes troubles, et moins parce que Janus aime m’aider pour des raisons qui le concernent que pour la personne que je suis et ce que je peux apporter de positif à nos deux existences.
Anecdote… alors qu’élodie lisait mon billet de mercredi, elle a lancé que pour qualifier pour être un vrai "paquet" de trouble, on devait répondre à au moins trois critères.
"Oh oh", réalisa-t-elle quelques lignes plus bas. "Je qualifie pour trois critères… et plus!"
On en reparle la semaine prochaine!
Bonne fin de semaine!
L’épisode dont je vous parlais hier m’a donné une idée que je trouve très excitante. Je l’ai déjà soumise à élodie qui n’en pense pas moins…
Lorsque je suis excité, que j’ai envie de jouer ou que j’ai quelque idée perverse, je me sers, c’est tout.
Lorsque élodie est dans la situation réciproque, elle doit me le faire savoir d’une façon ou d’une autre. Elle n’aimerait pas s’imposer, être déplaisante, et c’est parfois gênant de demander comme elle l’a fait récemment. Même si me faire demander "faites-moi mal Monsieur" est un turn-on, la fois où elle me le demandera et que je n’aurai pas envie pour quelque raison risquerait peut-être de lui enlever le goût de réessayer pour un moment…
Je me suis mis à réfléchir sur une façon de communiquer son envie, sa disponibilité avec grâce et subtilité, pour que le message soit clair mais que je puisse le relever ou non selon mon envie… pour reprendre l’expression consacrée, une façon pour qu’elle (se) propose et que je puisse disposer (d’elle) selon ma volonté!
Ma trouvaille est toute simple. Je lui ai dit d’attacher ses cheveux en deux couettes/tresses/chignons lorsqu’elle veut m’indiquer sa disponibilité plus "active". Elle a tendance à garder ses cheveux détachés dans le quotidien… alors les risques de mauvaise interprétation sont assez minces! En bonus, je trouve ça sexy, ce qui risque de me donner envie de me prévaloir de cette disponibilité!
Il y a beaucoup de choses qui différencie élodie des autres femmes, et qui me la fait comparer à une licorne tant elle est rare est merveilleuse. Rien à voir avec ces copines castrantes des Invicibles!
En fait, lorsque j’énumérais mentalement les caractéristiques de notre relation, non seulement j’étais conscient de ne pas avoir sur les bras le genre de femme que les hommes doivent fuir avant d’être capturés, mais qu’en plus, notre couple raconté prend presque des allures de blagues sexistes. Moi, ma copine…
1- a toujours envie de baiser.
2- aime se faire prendre à la manière des pornos. Sauf qu’elle avale.
3- si je la gifle, elle me remercie; si je ne la bats pas pendant trop longtemps, elle me le rappelle (ah ces masochistes!).
4- lorsque j’essaie de faire la vaisselle après le souper, catastrophée, elle vient m’interrompre pour prendre ma place. Elle se préoccupe activement de mon bien-être et de mon confort quotidien.
5- je lui suis indispensable, de son propre aveu.
Comme si ça n’était pas assez, elle est plus jeune que moi (une tendance qui risque de se maintenir au fil des décennies!), belle comme un coeur, sexy comme tout, et elle prend un plaisir réel à m’exciter et me rendre gaga. Et elle le fait très bien!
Décidément, messieurs, je vous recommande ce genre de femme. Mais pas celle-ci: je la garde pour moi! Après tout, c’est assez rare que le chemin d’un homme croise celui d’une licorne…
Avez-vous remarqué que dans presque tous les récits de soumises, mademoiselle est décrite comme jolie, féminine, sensuelle et bien roulée? En fait, pendant plusieurs années, j’ai été bloquée par cette représentation de la soumise fabuleuse, me croyant par combien trop ordinaire pour appartenir au monde bdsm. Si j’étais sortie un peu dans les soirées spécialisées, on m’assure que j’aurais vite réalisé que je n’avais pas du tout à m’en faire. Ce n’est pas que je sois moche, au contraire, mais je n’ai jamais eu une estime de moi très forte sur le plan de l’apparence.
Pourquoi le discours de la communauté entourant la représentation de la soumise met-il un tel accent sur la beauté? Est-ce parce que cela gonfle l’égo des Maîtres de s’imaginer avec des femmes bien au-dessus de la moyenne? Est-ce parce que cela constitue souvent un projet dans le dressage de l’esclave, que son apparence soit de plus en plus conforme aux fantasmes du propriétaire? Est-ce plutôt que dans leur féminité, leur sensualité et leur sexualité affirmées, les soumises représent des femmes hautement désirables?
Je n’ai pour ainsi dire pas changé physiquement depuis que je connais mon amour-Maître… Une teinture par-ci, de nouvelles techniques de maquillage par-là, bien entendu, mais je suis toujours la même. Je remarque cependant les regards qui se multiplient sur mon passage, les compliments ouverts, même. Hier, sur la rue, un homme s’est exclâmé: "Quelle élégance, mademoiselle!" En repensant au look d’hier, je n’ai d’autre choix que de conclure qu’il n’y avait rien de particulier, sinon l’assurance et le calme serein avec lesquels je me dirigeais au lieu de mon rendez-vous.
Il n’y a pas si longtemps, je faisais partie de ces soumises très inhibées à la suite de blessures à la perception de soi. Il est certain que la pluie d’éloges de mon amour-Maître et les encouragements permettent de rebâtir peu à peu une certaine confiance. Et il n’y a pas à dire, la confiance, l’applomb, c’est sexy. Depuis que je Lui suis soumise, le miroir me renvoie enfin l’image d’une femme à mon goût… une femme de plus en plus fatale, une femme de plus en plus femme.
Je réalise, au moment d’écrire ceci, que six billets ont été consacrés à un épisode qui a eu lieu il y a dix jours… il est temps de passer à autre choses.
Je veux vous raconter un nouvel épisode qui a eu lieu il y a deux jours. Pour faire une histoire courte, imaginez élodie nue, pieds et poings attachés par des restreintes de cuir, les mains retenues en place par une patte de lit. Elle est couchée sur le sol, un fruit de forme phallique enfoncé dans son entrejambe. Elle est baillonnée par du duct tape, ce papier collant gris et supposément étanche. J’en prends un autre petit morceau et soigneusement, je lui bouche une narine, puis l’autre, jusqu’à ce qu’elle se tortille. Je lui laisse prendre une bouffée d’air, puis je recommence. Son sourire va en grandissant. Après quelques répétitions, je libère ses voies respiratoires et vaque vers mes loisirs, profitant de son corps offert et dénudé.
Je remarque son visage quelques minutes après. Discrètement, je sors mon appareil photo et m’en approche. Les yeux fermés, elle ne se rend pas compte de ce qu’elle affiche, de ce que je veux saisir: son expression extatique, la face même du contentement.
Décidément, on voit qu’elle ne voudrait pas être nulle part ailleurs dans ces moments-là.
Vous le croirez ou non, mais suite à l’effusion de violence incontrôlée d’élodie dimanche dernier, j’ai décidé de lui serrer la vis.
Oh, je ne doute pas un instant que vous puissiez croire ceci. Mais attendez.
Je l’ai évidemment punie. Je l’ai séquestrée dans un placard sans lumière pendant plusieurs heures.
Je l’ai envoyée en talons haut faire des courses au loin là-bas.
Je lui ai donné une charge supplémentaire de corvées… Nettoyer toutes mes grandes fenêtres, ça lui apprendra la transparence.
Je lui ai enfoncé un grand buttplug dans les fesses, je lui ai mis une grosse boule dans la bouche, et nous avons regardé ensemble une émission qu’on suit. Je ne peux pas garantir qu’elle y ait porté la plus grande attention, cependant.
Arrivé le soir, je l’ai envoyée dormir par terre…
Elle est devenue plus souriante, sereine et amoureuse que je l’ai jamais vue suite à cela…
Incroyable, non? Je vous l’avais dit… Décidément, je ne comprends rien aux soumises.
Mais je comprends un peu mieux mon élodie…
Mon amour-Maître. J’ai commencé ma petite routine quotidienne en allant vous lire sur Janus hier et j’ai aimé ce que j’y ai trouvé: par vos précisions, le sentiment que vous comprenez un peu mieux ma situation. Ma façon de gérer mon inconfort psychologique avec des crises masochistes date de bien avant vous et vous ne pouvez nullement en être considéré comme responsable. C’est mon problème, ma bibitte toute noire. En revanche, je suis consciente que ce type de comportements est extrêment déroutant pour mes partenaires, qui se sentent partagés entre responsabilité et impuissance. Je suis déçue de moi-même de n’avoir pas su vous éviter cette désagréable posture, mais vient un temps, lorsque je connecte avec cette douleur, tout au fond de moi, où ce que les autres peuvent bien ressentir m’importe peu. Ce que mon corps ressent, ma propre intégrité physique, compte pour peu… C’est dire!
J’envie les personnes pour lesquelles le bdsm est une chose toute simple, du plaisir partagé au lit, par exemple. Mon bdsm est un lieu complexe de convergence entre un profond ressenti sur le plan identitaire, mon univers fantasmagorique et mon masochisme de longue date, ce que certains appellent aussi auto-mutilation, un terme avec lequel je ne suis pas vraiment d’accord. La mutilation évoque le "dommage" permanent dans ma tête et quand je me fais mal, ce n’est pas dans l’idée de me mutiler mais de soulager mon esprit qui crie, d’apaiser le tumulte intérieur. J’imagine déjà un de vos lecteurs nous faire parvenir une petite note: "élodie, pourquoi ne pas en avoir parlé avec Janus de ce qui te tourmentait?" Je vais répondre à cette interrogation naturelle tout de suite: parfois, les émotions prennent un certain temps à se laisser dompter par les mots. Le malaise, l’insécurité que certaines angoisses provoquent chez moi et l’incapacité à les nommer me rendent… hmmm… instable et le pire arrive souvent parfois avant que nous ne passions à l’étape indispensable du dialogue.
J’ai trouvé ce qui n’allait pas ce soir-là, ce qui m’a insécurisée et fragilisée au point de me pousser loin dans mes retranchements les plus sombres. Après ma crise, je me suis calmée et nous en avons discuté comme de tout l’épisode en tant que tel. Et comme à chaque fois que nous franchissons une étape dans l’intimité de notre relation et notre compréhension mutuelle, je m’estime l’amoureuse et l’esclave la plus comblée du monde entier.
Il m’arrive souvent de taquiner élodie en la traitant d’overachiever. Il est vrai qu’elle me paraît une professionnelle impeccable et dévouée à son travail, à en voir les réalisations faites au cours des ans. Ses amies savent qu’elles peuvent compter sur elle, qu’elle leur viendra en aide sans compter. Son désir de perfection se retrouve bien évidemment à l’intérieur de notre relation à nous. Cela fait d’elle une esclave exceptionnelle, à l’écoute de mes besoins, toujours prête à répondre à mes attentes en tout temps.
Je pense que c’est l’un des aspects difficiles d’être dans une relation de domination / soumission sans temps mort. Elle se donne toute entière pour prendre soin de la terre entière… mais elle peine à s’écouter suffisamment pour prendre soin d’elle adéquatement.
Hier, elle a eu une dure journée; on pouvait facilement sentir sa fatigue. J’ai néanmoins exigé d’elle qu’elle mette un peu d’ordre dans une pile de vêtements qui s’accumulait. Je l’ai ensuite acueillie lorsqu’elle est venue poser la tête sur mes genoux, et j’ai senti les larmes couler sur mes cuisses.
Nous avons passé plus d’une heure comme ça, elle sur moi, ma main caressant sa nuque. Elle est incapable de prendre soin d’elle? J’imagine que je peux faire ma part en lui rappelant de le faire, en prenant le temps de lui montrer comment y arriver.
Je t’aime, petite overachiever. Je vais prendre soin de toi.