Ce billet sera moins long que les deux précédents parce que j’ai déjà traité de façon soutenue cet aspect - en fait, il n’est pas exagéré de dire qu’à mesure que Les visages de Janus évoluaient, cette question devenait de plus en plus centrale. Question de retracer mes pas de la dernière année…

Je me suis demandé si les fétichistes étaient chanceux ou pas d’avoir une source inépuisable d’excitation.  

Je vous ai présenté les fantasmes qu’il me reste à accomplir - le seul obstacle à leur réalisation: ils impliquent tous de tierces personnes ou des installations élaborées. Je concluais cependant en disant comment mon quotidien pouvait ressembler aux fantasmes des autres…  

Je me suis interrogé sur ce qui se passe après qu’on ait touché ses limites… Et de ce qui risque de se trouver de l’autre côté de la frontière.

Collons les morceaux sans perdre de vue l’évolution que j’ai relatée sur ce blog.  

À la fin de ma relation avec sandrine à l’automne 2007, j’étais vide, blasé, fatigué de l’éternel recommencement [séduction - rencontre - jeu - relation à distance - cul-de-sac émotionnel - séparation] que j’avais déjà répété trop souvent. L’étrangeté de la chose était qu’en tant que jeune homme dominant, j’aurais dû tirer une satisfaction intense du fait d’être entouré de jolies jeunes filles prêtes à tout (ou presque) pour moi, mais de relation en relation, c’était comme si le "trip" s’épuisait. C’est là que j’ai fait le lien… Mon énergie sexuelle est épuisable (mais heureusement renouvellable). Mais plus important… pour moi, l’excitation n’est pas tant de répéter encore et encore un fantasme que de le vivre ne serait-ce qu’une seule fois. Ceci, combiné au fait que j’aie noté que je ne possédais pas de fétiches ou fantasmes fondateurs (un rêve BDSM qui m’aurait trituré durant l’adolescence, des émois clairs et intenses dans mon enfances, des images mentales qui auraient énergisé mes masturbations alors que j’avais encore les deux pieds dans le monde vanille…) m’a conduit à la compréhension que les fantasmes n’étaient qu’un autre voile. Et qu’une fois mes fantasmes vécus, "déchargés", j’ai pu voir à travers… 

J’ai trouvé ma réponse, et je la dis maintenant: les fétichistes ne sont PAS chanceux. Les chances sont bonnes qu’ils tombent en pâmoison devant quiconque est prêt à jouer sur leur kink central… mais n’est-ce pas plausible que ce puisse être vrai de *quiconque* accepte de le faire? Voile, quand tu nous tiens… 

Que reste-t-il lorsqu’on voit derrière nos propres "kinks" de préférences en terme d’apparence et de relations? Que reste-t-il lorsque les fantasmes pour lesquels j’aurais traversé mer et monde autrefois suscitent à peine un remous maintenant?

En d’autres termes…  

Que reste-t-il une fois les voiles tombés?