La danse des voiles (suite): la dynamique
Le voile de l’apparence n’est pas le plus profond ni le plus puissant. Oui, voir une femme arrangée selon mes préférences me mettait en état d’alerte, mais comme je décrivais hier, soit elle demeurait un objet de fantasme distant, soit elle cessait de l’être à mesure que la magie s’évanouissait durant le rapprochement.
Le voile dont je parle aujourd’hui est autrement plus insidieux du fait qu’il est enraciné du côté de chez Oedipe. Il ne s’agit plus d’apparence mais de modes relationnels… Je parlais dans mon billet d’introduction comment certains hommes rêvent de la fille froide et inaccessible, ou comment certaines se font avoir et ravoir par des assholes: c’est ce dont il s’agit ici.
S’il n’était pas évident de reconnaître le pattern de mes préférences physiques, imaginez quelque chose d’aussi diffus que les modes relationnels… Qu’est-ce qui vous nourrit dans vos relations? Avez-vous le sentiment de ne pas être digne d’amour, et donc très reconnaissant lorsque vous êtes aimé? Avez-vous besoin d’avoir une présence structurante, un tuteur sur lequel vous appuyer? Êtes-vous excité à l’idée d’être associé aux yeux des gens avec quelqu’un de beau, de riche, de célèbre?
Je vous ai déjà parlé de mon auto-psychanalyse; je pense que je peux résumer en une phrase ce qui me motive… Le coeur du bon petit garçon en moi chante lorsqu’on m’admire, lorsque je me démarque aux yeux des autres. Dans ces circonstances, j’ai l’impression d’être aimé parce que je suis unique et irremplaçable. Évidemment, ça n’a rien de scandaleux ou d’horrible: j’ai seulement une fibre narcissique bien réelle (quoique, heureusement, je reste loin du trouble de personnalité du même nom). Mais mettre le doigt là-dessus m’a donné un incroyable pouvoir pour comprendre mes impulsions et mes actions.
J’ai ainsi compris pourquoi durant mes jeunes années, j’étais un sale infidèle: il suffisait qu’une fille me démontre de l’intérêt pour que j’oublie celle que j’avais déjà.
J’ai compris comment certaines relations mal assorties ont pu durer au-delà de ce qu’elles méritaient du fait qu’elle nourrissait cette fibre… J’ai compris que c’est pour ça que je me suis retrouvé en relation avec sandrine qui m’admirait et m’aimait gros comme ça… Même si ça n’était pas réciproque, c’était nourrissant sur le plan psychologique.
Il m’est arrivé à quelques reprises depuis ces réalisations de ressentir ce genre de remous à nouveau. Il va sans dire que j’ai apprécié, mais comme je reconnaissais ce qui se passait, les chances étaient nulles que je me fasses séduire au point de céder à la tentation ou même de jouer avec le feu. Le voile est tombé: le magicien (ou plutôt les magiciennes!) peuvent faire ce qu’elles veulent, je connais leur truc, je vois les ficelles.
Ici encore, la tombée du voile a pavé la voie à ma rencontre avec élodie. Je sais qu’elle m’admire (je l’admire aussi); je sais que notre relation est fondée sur une correspondance réelle de nos dynamique, mais aussi une appréciation globale, profonde, mutuelle qui est source de joie quotidienne.
Demain, une autre série de voiles… les fantasmes. Cela nous conduira à la conclusion de vendredi.
Restez à l’écoute!
