The Claiming of the Sleeping Beauty donne à voir un éventail assez systématique des pratiques "humiliantes." À ceux et celles qui se demanderaient encore comment on fait pour faire rougir une fille, Anne Rice offre plusieurs réponses: être nue et exposée, éprouver du désir et du plaisir dans un contexte socialement inacceptable et pire, donner à voir une abondante manifestation physique, être ravalée au rang d’objet dénué de pensée, être corrigée à coups de gifles et de paddle et être offerte n’en sont que quelques exemples.
Le dernier m’a donné matière à réflexion. Beauté, en particulier lors d’une conversation avec un autre esclave appelé Prince Alexi, essaie de quantifier et de comparer l’humiliation ressentie lorsqu’elle a été corrigée devant de rustres fermiers à celle éprouvée face à la noblesse du Palais de la Reinte ou encore, sous le regard d’Alexi qui fait battre son coeur. Est-il pire d’être humilité par plus bas que soi, par plus haut, ou aux yeux de celui qu’on aime? Une question bien embêtante, je dois l’avouer.
Être humiliée par plus "bas" que soi, c’est être délogée de son piedestal, ramené à un endroit qu’on a peut être tout fait pour échapper. Je suis mal à l’aise avec la connotation un peu élitiste de "plus bas"; par là, je veux simplement dire, pour lequel on n’éprouve pas d’admiration et par rapport auquel on se sent une forme ou une autre de supériorité. Chez moi, un fantasme d’humiliation pourrait prendre la forme d’une interaction forcée avec un grossier ignorant et manipulateur.
Être humiliée par plus "haut" que soi, c’est ressentir son imperfection jusqu’au plus profond de sa chair… Pas facile pour une perfectionniste qui tend à exceller en toute chose; l’encoche à l’égo fait peut-être d’ailleurs partie de l’humiliation. C’est à cette enseigne que loge mon grand fantasme de soumission: Celui qui me domine doit inspirer le respect, être mon égal ou mon supérieur intellectuel, et très certainement, un guide dont j’apprécie la sagesse et le regard sur la vie.
Enfin, être humiliée aux yeux de celui qu’on aime et qui nous aime en retour… Étrangement, cette forme d’humiliation m’échappe de plus en plus, car plus j’aime Janus et plus le sentiment d’être humiliée disparaît au profit d’une joyeuse complicité, un laisser-aller dans les sensations que nous nous procurons mutuellement. L’humiliation présume une face à préserver, une image à défendre, or la relation amoureuse permet de dépasser cette image, ou plutôt, à incorporer sa négociation au travers du lien. Est-ce à dire que l’humiliation disparaît d’une relation où la confiance envers l’autre est totale? Le futur nous le dira bien.
Pour ce qui est de Beauté et d’Alexi, ils concluent à l’inverse que les formes d’humiliation sont infinies et que s’il est possible de s’habituer à une configuration, un esprit véritablement sadique parviendra bien à en trouver une nouvelle pour la remplacer. Il faut dire que leur esclavage n’a rien à voir avec l’amour.

ça me donne une idée, enfin ça me donne un souvenir … C’est encore une fois magistral en tous cas !!
Comment by m — 11/9/2009 @ 1:54 am