Réflexion par Janus30/4/2009 9:01 am

Peut-être que certains lecteurs auront sourcillé à la lecture de mon billet de lundi sur la suprématie féminine. Après tout, n’ai-je pas passé une semaine entière avec des propos misogynes il y a quelques mois? 

Nenni. Je vous rappelle que pour moi, les femmes sont fantastiques - et que s’amuser de certaines de leurs caractéristiques collectives n’implique aucun jugement individuel, ou même aucune supposition qu’il s’agit de la norme… Tout au plus des tendances qu’il est amusant de caricaturer. Tandis que la suprématie féminine, c’est carrément du sexisme. Grosse nuance!

Réflexion, élodie par Janus29/4/2009 8:45 am

L’épisode dont je vous parlais hier m’a donné une idée que je trouve très excitante. Je l’ai déjà soumise à élodie qui n’en pense pas moins… 

Lorsque je suis excité, que j’ai envie de jouer ou que j’ai quelque idée perverse, je me sers, c’est tout. 

Lorsque élodie est dans la situation réciproque, elle doit me le faire savoir d’une façon ou d’une autre. Elle n’aimerait pas s’imposer, être déplaisante, et c’est parfois gênant de demander comme elle l’a fait récemment. Même si me faire demander "faites-moi mal Monsieur" est un turn-on, la fois où elle me le demandera et que je n’aurai pas envie pour quelque raison risquerait peut-être de lui enlever le goût de réessayer pour un moment… 

Je me suis mis à réfléchir sur une façon de communiquer son envie, sa disponibilité avec grâce et subtilité, pour que le message soit clair mais que je puisse le relever ou non selon mon envie… pour reprendre l’expression consacrée, une façon pour qu’elle (se) propose et que je puisse disposer (d’elle) selon ma volonté! 

Ma trouvaille est toute simple. Je lui ai dit d’attacher ses cheveux en deux couettes/tresses/chignons lorsqu’elle veut m’indiquer sa disponibilité plus "active". Elle a tendance à garder ses cheveux détachés dans le quotidien… alors les risques de mauvaise interprétation sont assez minces! En bonus, je trouve ça sexy, ce qui risque de me donner envie de me prévaloir de cette disponibilité! 

Récits par Janus28/4/2009 8:37 am

Dimanche dernier, je profitais de ma soirée, peinard. 

Mon élodie a travaillé toute la fin de semaine. Lorsqu’elle m’est revenue en fin de soirée, nous nous sommes rapprochés pour une avalanche de calins. Ça se voyait dans ses yeux, dans son visage, dans tout son corps: elle n’avait plus d’énergie, la pauvre petite. 

Ma tendance naturelle dans ces moments-là est d’essayer de lui rendre la vie facile… disons que la dernière chose qui me serait venue à l’esprit aurait été de la faire travailler par-dessus son travail en lui imposant quelque inconfort… 

Cependant, elle m’a surpris en me révélant avoir envie de la cravache.

Quel à-propos! Il ne m’en fallait pas plus pour tomber dans le mood et canaliser mon excitation vers son derrière! Je lui ai fait mal pour notre plaisir, puis nous sommes passés au lit et avons continué notre lancée hédoniste. 

Si elle ne l’avait pas demandé, rien ne se serait passé… Mais elle m’a fait plaisir en le faisant. Et à elle aussi!

Je pense que cet épisode illustre à merveille pourquoi exprimer ses désirs n’égale pas "topping from the bottom"!

 

Réflexion par Janus27/4/2009 7:29 am

Deux poids, deux mesures? 

L’un des discours que je trouve troublants dans le monde du BDSM est bien celui rattaché à la suprématie féminine (avec le titre que j’ai choisi, qui ne l’a pas vu venir?). 

Il s’agit de l’idée selon laquelle la femme est intrinsèquement supérieure à l’homme… Et je pense que c’est une dérape idéologique de la pire espèce.

Que pensez-vous d’une maisonnée qui décide de vivre le "Papa a raison" des années 50? D’une autre qui décide de faire des jeux de rôle goréens à coeur de jour? Moi, je n’ai aucun problème avec ça. Probablement que vous non plus, si vous lisez ce blog. La différence, c’est que dans notre acceptation, on ne trouve pas le présupposé que l’un ou l’autre représente un idéal ou quelque ordre naturel des choses. On ne me verra jamais soutenir que les femmes sont inférieures, justes bonnes à humilier ou autre description à l’emporte-pièce - le fait que la mienne soit excitée par ça ne dit rien sur personne d’autre au fond! Par ailleurs, je ne verrais pas plus de problème avec un "Maman a raison" ou un ménage axé sur l’adoration d’une femme-déesse. J’ai l’impression que dire tout ça est banal: ça va de soi dans le monde de la sexualité ludique. On se respecte, et on cherche à vivre ce qui nous plaît au maximum. 

C’est bien là que le bât blesse avec l’idée de suprématie féminine: ça dépasse le petit jardin secret pour devenir une idéologie projetée sur le reste du monde. Cette espèce de sexisme serait carrément inacceptable dans la bouche d’un homme. Mais sa version à rebours semble rencontrer une certaine indifférence… J’aimerais comprendre pourquoi. 

Réflexion par Janus24/4/2009 11:34 am

Ça n’est pas facile de faire du neuf dans le créneau de la littérature BDSM. Parmi les grands classiques du domaine… 

Il y a la fille naïve mais très pervertible qui trouve quelqu’un pour l’intier… ou qui se fait "trouver". Cela peut tourner à l’amour, ou à un avilissement graduel, de plus en plus intense, de plus en plus complet. 

Il y a le récit à la limite du non-consensuel à la Blue Velvet ou les films de vampire.

Il y a le soumis en extase devant sa déesse, qu’il la trouve ou qu’il la crée (La vénus à la fourrure). 

Il y a le récit violent, soit un pseudo-viol, soit l’équivalent sadique de la pornographie la plus crue. 

Il y a finalement le récit lyrique où l’on vante avec force adjectifs et adverbes les bienfaits du fouet délicieux ou toutes ces souffrances exquises… Qui devient généralement lassant à la troisième page. 

Le fait est que ces récits sont probablement archétypaux pour une raison… Ils doivent bien avoir un écho dans notre inconscient collectif. Même si cette liste est improvisée, je pense qu’elle rejoint les fantasmes de plusieurs, qui s’y reconnaissent à défaut d’écrire leur version. Cela explique à la fois pourquoi une histoire a déjà été écrite sans fois… et pourquoi on trouve encore des gens pour la lire.  

Mais pour quelqu’un qui voudrait innover, un gros, gros travail de réflexion s’impose… 

 

Commentaire par Janus23/4/2009 7:42 am

"Va enfoncer la queue de ces messieurs dans ta bouche; ensuite, tu leur offrira ton cul". 

Réponse littéraire cliché: "J’acquiesce et rampe jusqu’à eux pour m’offrir toute entière comme mon Maître le veut"

Réponse réaliste: "Non mais, le malade!" 

Ici encore, il ne faut pas surgénéraliser. Je suis convaincu que certains se complaisent dans une sexualité offerte (ou prise) à tout vent. Là où ça ne tient plus la route, c’est la représentation que c’est comme ça tout le temps pour tout le monde.

Pour avoir fait quelques explorations dans les jeux à plusieurs, laissez-moi vous dire que rien n’est simple lorsque la relation D/s devient une affaire entre plus de deux personnes… De un, ajoutez une nouvelle soumise, et l’ancienne sera toute entière traversée de doutes et de remises en question sur sa propre valeur; de deux, offrez-la à quelqu’un qu’elle n’a pas choisi, et les chances sont moins qu’elle sera moins qu’enthousiaste… Ce qui ne l’empêchera peut-être pas de le faire, j’en conviens. Mais dans la vraie vie, les relations à plusieurs se désintègrent TOUJOURS à court terme - même si une relation subsiste souvent, et pas nécessairement la même qu’au commencement…

Si on ajoute ce cliché à celui d’hier, le résultat est l’archétype du roman BDSM… une soumise non-initiée se fait traîner par son Maître dans une communauté de gens où elle est la toute dernière de la chaîne alimentaire. Tous les hommes se servent d’elle, elle découvre sans effort une bisexualité et un détachement face à elle-même qu’elle n’avait pourtant jamais ressenti auparavant, et ÉVIDEMMENT tout cela est source d’excitation puissante. Yeah, right. Parce que c’est réaliste, peut-être? emoticon 

Commentaire par Janus22/4/2009 9:37 am

Les ouvrages D/s mettent souvent en scène de véritables mondes à l’extérieur du monde. Ici encore, on reconnaît l’un des éléments d’Histoire d’O… Le château de Roissy et cette étrange confrérie qui sait reconnaître les indices portés par les filles qui y sont formées, et qui peuvent user d’elles comme ils l’entendent… 

C’est comme si le BDSM avait son club sélect d’adeptes à temps plein, qui n’ont rien de mieux à faire que s’échanger leurs partenaires pour leur faire vivre mille et un sévices… Mais on ne sait jamais qui sont ces gens, comment ils se connaissent, comment cette organisation aussi secrète qu’organisée a pu voir le jour - bref, collectivement autant que dans leur individualité, on a affaire à des Maîtres de papier

Malgré leur manque de profondeur, les communautés de dominants sont étroitement liées; on ne présente quasiment jamais de rivalités, de guerres, de passé lourd - même s’ils s’échangent leurs partenaires à qui mieux mieux!

Je sais, je sais: c’est de la littérature, on nage dans le fantasme, on n’a pas besoin de réalisme, bla bla bla… Reste que ces messieurs cultivés, chics et élégants, riches sans travailler, qui sont comme des frères et qui se consacrent à avilir et à dompter de jolies jeunes filles avec le stoïcisme de statues (non mais, parle-t-on jamais de l’excitation des Maîtres??)…

BOOOO-RING.

Commentaire par Janus21/4/2009 8:23 am

Dans une proportion démesurée, les récits sont davantage de *soumission*. C’est rare (pas impossible) qu’on publie un ouvrage qui soit écrit du point de vue du dominant. Qu’est-ce que Histoire d’O, Le lien et 9 semaines et demi ont en commun? Ce sont des récits axés sur le point de vue de la soumise où le dominant est peint avec une opacité surprenante. On comprend mal ce qui les motive, ce qu’ils font dans la vie, ce qui les a conduits à faire ce qu’ils font. 

Ainsi, ces hommes élégants qui imposent le respect et l’autorité à leur soumise ont tout le relief et la profondeur… d’une feuille de papier. Ils sont manifestement l’écran sur lequel les auteures projettent leur fantasmes; des hommes assurés qui les feront vivre toutes leurs perversions, qui fera disparaître toute banalité et quotidienneté à la manière d’un roman harlequin ou d’un conte de fée. 

À quand le journal d’un dominant qui joue cartes sur table? À quand un ouvrage qui mettra autant de l’avant l’évolution et l’intériorité du dominant que celui de la soumise?

(si vous en connaissez un, commentez!) 

Commentaire par Janus20/4/2009 9:14 am

Cette semaine, j’examinerai certains clichés qu’on retrouve souvent dans la littérature D/s ou dans les représentations sociales qui sont entretenues à propos du BDSM.

Notez d’entrée de jeu que "souvent" n’égale pas systématiquement; cependant, vous en reconnaîtrez certains…

Cliché #1: question d’ouvrir le bal… ce premier cliché m’amuse au plus haut point du fait qu’il est simple et discret, mais lorsqu’on le remarque, on découvre à quel point il est fréquemment évoqué. Je pense que Histoire d’O y est pour quelque chose… C’est un peu comme ça que l’histoire commence. 

Scénario: la soumise est dans une voiture. Elle se rend quelque part où son Maître veut l’amener. Elle se lance dans un longue description du stress mêlé d’excitation qu’elle ressent…

Ça vous dit quelque chose? Si vous surfez sur des blogs BDSM, et que vous lisez des récits de soumission, si les partenaires jouent à l’extérieur de la maison les chances sont bonnes que vous soyez tombés sur cette scène telle quelle…

 

 

Récits par Janus17/4/2009 8:09 am

Les fantasmes que j’ai décrits depuis lundi ont en commun de requérir des trucs qu’on n’a pas nécessairement toujours sous la main, comme un chalet dans la nature (pour que élodie-chienne s’y soulage), une cage de taille humaine, trois porn star ou une petite slut aussi dévergondée que la mienne. 

Si je dois recourir à des scénarios élaborés ou des scènes aussi hardcord, c’est bien un indice que mon plus grand fantasme, je le vis déjà… Un quotidien sans frustration sexuelle, avec une femme chaude, ouverte d’esprit, perverse et déterminée à me plaire et à m’obéir…

En somme, le quotidien des uns est… le fantasme des autres!