Je ne suis pas certain d’avoir réussi à aboutir ma réflexion annoncé hier. Je vais quand même essayer. Mettre les choses en mots a souvent le chic de les clarifier! 

Pour commencer, je veux revenir sur quelque chose que j’ai soulevé en parlant du Grand écart. Dans ce billet, j’avais mis le doigt sur la différence entre l’érotisme d’élodie et le mien. De mon côté, la domination vient par vagues sous-tendues d’excitation, et l’acte de dominer me satisfait et fait disparaître la vague. Pour élodie, le désir de soumission est à peu près inépuisable (en tout cas, nous n’en avons jamais encore vu le fond). 

Je n’ai pas retrouvé dans mes messages précédents l’élément de réflexion suivant, alors vous m’excuserez si je me répète. Je ne suis pas fétichiste de rien, en BDSM. Si je prends plaisir à faire un bondage de type hogtie, je n’éprouverai pas une attirance à le faire aux deux jours. Idem pour une séance de percussions, pour des jeux de toilette, etc. Souvent, je serai satisfait d’avoir fait quelque chose. Pour une soumise, cependant, le plaisir est de le recevoir, plaisir renouvelé à chaque fois (pour les activités qui lui plaisent). En d’autres termes, pour moi le trip est souvent d’avoir fait ou de pouvoir faire quelque chose, plutôt que d’être plongé dans le feu de l’action. Je ne pense pas que ce soit surprenant considérant qu’attacher ou fouetter, par exemple, ne sont pas exactement des plaisirs sensuels… Tandis qu’être attachée ou rougie, oui. 

En début de semaine, juste avant d’aller au lit, pendant qu’élodie finissait ses trucs à l’ordinateur, j’ai eu le caprice qu’on me lave les pieds, qu’on me les éponge et qu’on me les masse. L’idée que ma princesse soumise me caline ainsi a été une source d’excitation. Quelques minutes plus tard, lorsqu’elle s’est rendue disponible, l’envie était déjà passée… Je *sais* que ça lui aurait fait plaisir de le faire. Pourquoi ne pas être allé de l’avant, alors?

Je pense que le dominant que je suis peut se satisfaire d’imaginer toute sorte de choses, que ce soit une requête simple comme un massage de pied, ou une séance complète, considérant que je SAIS que je peux le faire quand je veux, comme je veux (et que dans la plupart des cas, je l’ai déjà fait). C’est comme si la pensée de l’acte + le don de soi d’élodie est équivalent, sur le plan de ma satisfaction, à L’ACTE lui-même.

Est-ce parce que je n’éprouve pas un plaisir intense à fouetter quelqu’un pendant quinze minutes? Est-ce parce que chez moi, les fantasmes D/s ont déjà été vécus pour la plupart, et qu’ils s’en trouvent un peu "déchargés" jusqu’à ce que j’accumule un surplus d’excitation sadique? Je pense que tout se retrouve dans l’équation du paragraphe précédent. La différence entre la pensée et l’acte est souvent trop mineure pour vaincre la force d’inertie et me mettre en mouvement… à moins que j’en sois à chevaucher la vague de ma cruauté, où les choses sont bien différentes…