C’est avec un titre, ma foi, évocateur que j’entâme le récit du jour. La thématique des jeux avec mon amour-Maître a été, telle que prévu, l’objectification. Cet aspect du bdsm me plaît bien, par contre, je ne suis pas tellement douée. Par le passé, Janus avait limité les séances à moins d’une heure. Étendre le jeu sur toute une soirée était une première.
Au retour du travail, je devais garder les yeux baissés, me dévêtir un peu et éventuellement, me rendre en silence à la cuisine pour concocter un autre de ces soupers dont j’ai le secret. Cela m’a pris quelques minutes avant de réaliser que mon amour-Maître ne s’y trouvait pas et qu’une feuille de papier blanc avait été posée sur mon ordinateur. Je me suis autorisée à la lire. Adressée au nom de toy, elle spécifiait que je n’avais pas le droit de prendre mes messages électroniques, que je devais avertir par message texte mon Maître de mon retour et que je devais commencer à préparer le repas derechef.
J’étais affairée à mes tâches lorsque Janus est revenu à la maison. Je me suis précipitée vers la porte d’entrée afin de le débarasser de son manteau et de ses effets personnels, mais sa voix, qui relevait davantage du grondement, m’a fait comprendre que je n’aurais pas dû mettre le pied à l’extérieur de la cuisine. C’était un aperçu de la soirée à venir. Le rôle d’objet, tel que mon amour-Maître l’entend, consiste à faire preuve d’une passivité absolue, quoi qu’il advienne, ainsi que d’une absence totale d’initiative. (Pour d’autres, l’objectification est davantage reliée au bondage et à la fornophilie, des aspects que nous ne négligeons pas, mais qui me donnent généralement moins de fil à retordre, car la possibilité de faire preuve d’initiative est à peu près inexistante.)
Janus est venu dans la cuisine avec l’intention de me corriger, mais auparavant, il a décidé d’achever de me dénuder, retirant ce qu’il restait de vêtements sur moi. Mon soutien-gorge avait une fermeture à l’avant, ce qui est assez peu usité. Je sentais ses doigts qui cherchaient le mécanisme, alors j’ai cru bon de l’aider (puisque je ne pouvais le guider avec ma voix) en détachant le vêtement moi-même. Je n’ai pas tardé à comprendre que je venais de gaffer… encore. Cet écart n’est pas passé impuni: mes fesses ont été rougies au slapper et à la baguette. Les incidents du même acabit se sont multipliés malgré ma bonne volonté. Je me suis réconfortée du mieux que je pouvais en me disant que c’était par désir de bien servir et non par malice que je brisais sans cesse les règles du jeu.
Après le repas, mon amour-Maître m’a donné l’occasion de réparer mes faux pas. Il m’a agenouillée au milieu du salon, gag ball en bouche, et m’a fait porter son verre de bierre à bout de bras tandis qu’il fouettait sévèrement mon dos. Je crois avoir alors fait preuve de cette passivité exemplaire qu’il recherche dans les séances d’objectification. Par la suite, il a recouvert mes yeux d’un bandeau et j’ai servi de repose-pieds tandis qu’il écoutait ses émissions de télévision préférées. Malgré mes yeux obstrués, je pouvais sentir ma propre salive tomber en longs filets froids sur le plancher. Aux pauses, Janus s’est mis à m’entraîner à la salle de bain, où il enfonçait son pénis dans ma bouche et y urinait directement, avant de me ramener au salon, les yeux larmoyants mais dociles.
Éventuellement éreintée par une longue journée, j’ai étouffé des baillements, mais cela n’est pas passé inaperçu. En guise de touche finale, et de petite remontrance, je crois bien, mon amour-Maître a disposé mon visage dans la mare de salive et maintenu ma tête en place avec son pied quelques minutes. Il m’a ensuite envoyée me nettoyer avant de me mettre au lit, non sans avoir joui de mes services.
Ce matin, j’ai encore sur la conscience d’avoir été un bien mauvais objet, bad, bad toy, mais je suis la plus comblée des soumises.