Réflexion par Janus30/1/2009 9:40 am

Je concluais le message d’hier en disant "Les moins tendres, les plus "sérieux", ceux qui se targuent d’en faire un mode de vie plutôt qu’un jeu m’apparaissent comme les plus susceptibles de figurer au nombre de ces cas-problèmes.". En fait, il y a une convergence entre cette définition et la notion de paraphilie clinique, la version pathologique du sadomasochisme qui devient la source favorite de gratification, éclipsant les autres plus conventionnelles…

Pour conclure cette semaine de réflexion, je crois qu’il faut faire un détour par la philosophie… du plaisir. La justification morale principale du BDSM vient du safe, sane, consensual, qui permet à des partenaires de se laisser aller à leurs envie complémentaires sans faire de victime (en principe). On peut se claquer dessus, s’attacher et s’humilier l’esprit tranquille. Ceci posé, faisons un parallèle. 

Dans le cas d’un alcoolique ou d’un accro à la drogue, il est possible que sa consommation soit la source d’un plaisir très réel. Un plaisir qui, néanmoins, à des yeux externes, paraîtra "faux": on lui dira que sa consommation l’isole, qu’il s’en sert pour fuir la réalité, qu’il ferait mieux de trouver des sources de plaisir plus acceptables, plus "vraies"… 

Je pense qu’un discours similaire peut être tenu envers ceux pour qui le D/s est l’idéal relationnel. Peut-être que le fait de se peindre d’abord comme dominant ou comme soumise est une façon de se placer en position de reconduire des enjeux non résolus. Face à des pulsions complexes à l’origine opaque, le BDSM est une porte de sortie pour "se vivre complètement", mais comme chez le drogué, ce choix de mode de vie a également un coût. Chez la personne soumise, ce sera peut-être de se priver de la partie plus chaleureuse et tendre de la vie affective. 

Au cours des discussions que j’ai eues avec mon élodie, et qui m’ont conduites à cette réflexion, elle m’a avoué que si elle avait trouvé le Maître cruel et froid sur lequel portaient ses fantasmes abstraits, elle n’aurait pas pu vivre éternellement dans ces conditions qu’elle cherchait néanmoins. De mon côté, elle a plutôt trouvé amour, respect, accueil et compréhension. Je pense qu’à moyen terme, sa façon de vivre le BDSM risque d’évoluer. Même si la soumission risque de rester son orientation sexuelle et la façon la plus sûre de l’exciter, le fait de dénouer certaines de ses blessures la font progresser dans sa conception d’elle-même et de ses relations. Et je vous parie que le résultat final nous surprendra éventuellement. 

Si le BDSM n’est pas toujours sain, avec un amour réel, et un travail continu d’introspections et d’ajustements, on peut finir par lui donner sa place idéale: une source d’excitation qui ne nuit d’aucune façon à l’accomplissement de soi. 

Réflexion par Janus29/1/2009 8:27 am

Personnellement, c’est la place qu’a la tendresse dans la relation ou dans les aspirations de la personne qui me situe par rapport au caractère sain ou malsain d’une relation. Ce critère est aussi pertinent pour les dominants que pour les soumis. 

Un individu "normal" va rechercher et accepter la tendresse et l’affection offertes par ceux qui lui sont chers. Elles font partie du réptertoire des comportements humains qu’on s’attend retrouver chez tout le monde, du nourrisson qui tend les bras vers sa maman jusqu’au vieillard qui se réchauffe le coeur en serrant sa descendance dans ses bras. Je pense aussi que si ces tendances sont peu présentes chez quelqu’un, c’est qu’il y a quelque chose de cassé dans son affectivité, dans sa psychologie.

Je pense que lorsque les désirs d’une personne *excluent* les émotions ou les échanges plus tendres, nous avons un premier indice que quelque chose cloche.

Un autre indice serait le besoin sincère de se dénier tout contrôle sur soi, ses paroles et ses actes. "N’est-ce pas l’essence de la soumission?", me direz-vous peut-être. Tout n’est pas là à mes yeux. À plusieurs reprises, mon chemin a croisé celui de jolies jeunes femmes qui présentaient leur démarche comme un désir de se perdre dans l’autre, de s’effacer, voire d’être cassées. Je pense que ce désir est loin d’une relation où la personne qui s’y engage a ses intérêts à coeur. L’idée n’est-elle pas le contraire, de sacrifier ses intérêts propres en les subordonnant à ceux d’un autre, sur toute la ligne et en tout temps? 

Dans chacun de ces deux cas - l’absence de tendresse et le déni de soi -, nous avons affaire au symptôme d’une blessure réelle qui a dû survenir dans la vie psychologique ou émotionnelle de la personne. Pour celles-ci, plonger dans le BDSM peut prendre des airs de solution, de stratégie pour faire face à ces blessures. Dans quelle mesure est-ce que cela leur permet d’améliorer leur sort? Bien accompagnées, je crois qu’elles peuvent effectivement cheminer vers quelque chose d’autre. Mais le risque est qu’elles trouvent plutôt ce qu’elles cherchent… Et n’aide pas qui veut, non plus. Le Maître qui s’improvise psychologue joue à l’apprenti-sorcier…

En somme, je soutiens que sous le couvert d’une démarche BDSM, on peut parfois retrouver une entreprise autodestructrice ou une reproduction névrotique d’enjeux psychologiques non résolus. Les moins tendres, les plus "sérieux", ceux qui se targuent d’en faire un mode de vie plutôt qu’un jeu m’apparaissent comme les plus susceptibles de figurer au nombre de ces cas-problèmes. Évidemment, tout ceci ne vise pas à les dénigrer ou à les critiquer. Peut-être plutôt à les inviter à l’introspection… et à chercher l’aide dont ils ont peut-être besoin. 

À suivre…  

Réflexion par Janus28/1/2009 10:20 am

Si on veut se prononcer sur le caractère sain ou malsain d’une pratique, il y a un élément qu’on ne peut pas esquiver: la notion de normalité. 

En effet, à quoi peut-on comparer la pratique examinée, si ça n’est que certains standards sociaux qui participent à notre compréhension du monde, sans qu’on les ait nécessairement choisis? 

La question de la normalité est complexe, parce que le BDSM est "statistiquement anormal" - ça n’est qu’une minorité de la population qui s’y adonne. C’est donc à quelque chose d’autre que nous ferons référence… Une autre sorte de normalité. Pour les besoins de la cause, je vais l’énoncer dans ces termes: 

"Normalement, l’être humain sain va chercher ce qui est agréable et éviter ce qui est désagréable; il agira et prendra des décisions en veillant à ses intérêts". À ceci, j’emprunterai à la conception humaniste de l’être humain la hiérarchie des besoins de Maslow.

On voit immédiatement que chez les soumis et les masochistes, on s’éloigne sensiblement à la fois de ce qui est normalement attendu chez l’individu; ceux-là retournent la pyramide de Maslow à l’envers en choisissant sciemment de se mettre en position où leur estime d’eux-mêmes est malmenée par des humiliations diverses, où leur liberté et leur sécurité peut être compromise, où même leurs besoins fondamentaux peuvent leur être retirés (contrôle de la respiration, interdiction d’utiliser les toilettes, etc.).

Pour une soumise, le fait de s’agenouiller devant son Maître peut être agréable et assez peu désagréable (et humiliant, et douloureux, etc.). Mais ça n’est pas de ce genre de soumise qui est ciblé par ma réflexion. C’est plutôt celles qui fantasment à l’idée de vivre en cage, d’être prise en gangbang par 10 inconnus, d’être percée par des aiguilles jusqu’au sang, d’être contrôlée non-stop par un sans-coeur, et ainsi de suite. Le fantasme n’a *absolument* rien de mal. Mais que dire de ceux et celles qui plongent pour les réaliser?  

À suivre… 

Réflexion par Janus27/1/2009 9:30 am

L’idée derrière le BDSM est qu’on peut se permettre d’être sadique ou masochiste, d’être dominant ou soumise pour peu qu’on trouve une personne consentante et qu’on se préoccupe de demeurer sain et safe dans ce qu’on fait ensemble. 

À mon avis, l’intention est tout-à-fait bonne et a sa raison d’être. Il ne suffit plus qu’à déterminer ce qui est sain, ce qui pose un tout autre problème. 

En effet, même si ça ne fait que quelques années que je suis dans le domaine, j’ai eu l’occasion de voir PLUSIEURS soumises chez qui il était manifeste que derrière leur démarche de soumission se trouvait un voeu inconscient d’être détruites ou de disparaître… 

Le terme-clé de la phrase précédente est *inconscient*, mais la pensée qu’elles puissent trouver quelqu’un capable de leur donner ce qu’elles recherchent inconsciemment me donne froid dans le dos. Je n’ai pas besoin d’être la réincarnation de Freud pour voir que dans beaucoup, beaucoup de cas, des enjeux psychologiques non examinés sont le moteur de la démarche de soumission. Que ce soit le fait d’avoir vécu de la violence familiale ou sexuelle, une identité diffuse, un manque d’amour et de soins durant la petite enfance, un besoin désespéré d’attention, etc., il suffit de chercher un peu et on trouve des blessures béantes qu’on peut aisément relier au désir de soumission. 

Il m’est déjà arrivé de rencontrer des gens pour qui ça n’était pas le cas; il reste que c’était une toute petite minorité - et pour tout vous dire, l’une de celles-là a découvert quelques mois après la fin de notre fréquentation qu’elle était dépendante affective. 

Vous me direz que beaucoup de gens ont ce genre de problème et qu’ils ne se tournent pas vers le BDSM. Soit. Mais pourquoi retrouve-t-on quasiment toujours un assortiment de tels problèmes chez ceux qui le font?

J’ai surtout parlé de soumises jusqu’à présent, mais les dominants ne sont pas à l’abri de cette problématique. J’ai surtout côtoyé des soumises, et j’ai eu peu d’échanges en profondeur avec des dominants, de sorte qu’il m’est plus facile de parler des unes que des autres. En fait, la préoccupation d’avoir affaire à un détraqué dominant est assez présente auprès des soumises, et les histoires qu’on entend à propos de certains dominants m’indiquent qu’avec eux, on ne se gêne pas pour dire qu’ils ont un sérieux problème (à tort ou à raison). Le fait que le choix de la forme prise par la relation leur revienne les rend plus susceptibles d’être jugés en fonction de leur santé mentale que leurs "victimes" consentantes. 

À suivre…  

Réflexion par Janus26/1/2009 10:03 am

Cette semaine, je veux aborder un sujet pour le moins sensible, du simple fait qu’il risque de bousculer plusieurs de ceux qui me lisent. Aujourd’hui, je veux poser une question complexe, qui mérite qu’on laisse à la porte les pensées de type "tout blanc ou tout noir", parce qu’il est impossible de la traiter à l’emporte-pièce. 

La question provient de quelques mois pendant lesquels je l’avais sur le bout de la langue; des développements récents dans ma relation avec élodie a fini de la mettre en forme. En fait, je vais poser une question un peu plus radicale que ce que j’avais discuté avec elle… La formuler ainsi contribuera peut-être à vous faire traverser en accéléré mes semaines de réflexion. Souvenez-vous que je la pose en guise de point de départ et non en tant que "réponse" sous-entendue! 

Et si le BDSM était, dans la plupart des cas, le symptôme d’un problème psychologique, identitaire ou relationnel?

Au fond, si le BDSM apparaît pervers et malsain aux yeux d’une part appréciable de la société dans laquelle nous vivions, est-ce que ça ne mérite pas de dépasser notre présupposés qu’ils n’ont rien compris, que le BDSM est quelque chose de sain et merveilleux? En d’autres termes, je me demande… Et s’ils avaient raison???

Je m’attends à ce que cette réflexion soit controversée parce que, à tout prendre, je viens de suggérer que la plupart des lecteurs de ce blog ont peut-être un problème - mais n’oubliez pas que la plupart des auteurs des Visages de Janus sont dans le même bateau!

Pour traiter la question, il faut élucider plusieurs éléments qui la composent… Quel genre de problème est-il question? Comment reconnaître si c’est notre cas? Qu’en fait-on si nous découvrons avoir un problème? Et surtout: est-ce que ça veut dire que JE suis malsain? Et vous?

Réflexion par Janus23/1/2009 9:56 am

À peu près tout le monde a des désirs particuliers, quelque chose qui fait particulièrement réagir… Même chez les plus conventionnels des couples vanilles, on reconnaîtra préférer telle ou telle caractéristique du partenaire, telle façon de prendre ou d’être pris, voire une activité érotique favorite ou désirée (comme le toujours populaire trio-homme-et-deux-femmes-qui-se-touchent!). À une autre époque, ou on mariait notre premier partenaire sérieux, s’il y avait gêne ou incompatibilité, ces préférences demeuraient en friche, potentiellement toute une vie durant. L’ouverture face à la sexualité, les relations en série et la pornographie à 10 secondes de soi favorisent une exploration de ces désirs, virtuellement ou réellement. 

Si le désir ou le fantasme inassouvi est le mécanisme qui va propulser l’individu à des sommets d’excitation, que reste-t-il à celui qui n’a plus de fantasmes, pour qui tout ce qui l’excite est du domaine du quotidien? J’imagine que certains vont s’y vautrer et en profiter avec une énergie renouvelée à chaque fois. Peut-être que pour d’autres - et si vous m’avez lu depuis mes débuts, j’en fais partie - l’évacuation de l’excitation portée par les fantasmes les conduira à réviser leur rapport à l’excitation… et peut-être de faire passer le focus de leur démarche de "ce que je fais" à avec qui les choses sont faites. 

Je pense que c’est ce qui s’est passé avec moi depuis l’année dernière. Je suis passé d’une phase surexcitée, déterminé à tout faire ce que j’avais toujours voulu. J’ai réalisé la plupart des buts que je m’étais donnés. Qu’est-ce qui restait ensuite? Un gars blasé, qui devait réévaluer son rapport au sexe, au monde, aux autres. Un gars difficile à exciter, difficile à faire jouir. Un homme sans fantasmes, c’est quelqu’un de triste, vous pouvez me croire… Jusqu’à ce que celle qui change tout arrive dans ma vie.

Dans Le meilleur des mondes de Huxley, les enfants peuvent faire des galipettes et jouer aux fesses autant qu’ils en ont envie, ce qui donne une société adulte très relax par rapport à la sexualité, peu pudique et peut-être moins névrotique. Jouer aux fesses, après tout, est vu comme un jeu d’enfant.

Est-ce que la génération montante, soi-disant hypersexualisée, finira blasée? Je pense que nous allons assister à plus long terme une inversion du processus d’accession à la sexualité. Avant, on expérimentait des amourettes jusqu’au jour où on choisissait de se laisser aller à la sexualité. Peut-être que maintenant, on explorera à travers des aventures sans engagement profond… jusqu’au jour où l’intérêt se déplacera vers les relations, la réciprocité et la complicité amoureuse?

 

Bonus: un reportage sur les adolescents et la pornographie 

Réflexion par Janus22/1/2009 8:29 am

La question de la poule ou l’oeuf… 

On dit que la pornographie contribuerait à mouler la sexualité de ceux qui la regardent…

Mais la regarderait-on si nous n’en avions pas l’intérêt?

Ce point est particulièrement intéressant en ce qui a trait aux femmes. En effet, la porno a jusqu’à tout récemment été considérée comme une affaire pour gars, par des gars, où les femmes ne servent que d’actrice. Or, ces dernières années, j’ai vu de plus en plus de femmes en consommer. Nous sommes adultes, et j’ignore à quel âge elles ont commencé, mais force est de constater qu’elles peuvent y voir de l’intérêt et y tirer du plaisir. 

Un autre discours en ce qui a trait aux effets négatifs de l’hypersexualisation est le modèle de relation qu’on retrouve dans certains films, surtout de type "gonzo", à la fois cru et kinky, ou de jolies jeunes femmes sont utilisées comme des objets par des hommes aux pénis gigantesques qui, souvent, ne se gênent pas pour l’humilier ou y aller rough (deep throat, gagging, ass-to-mouth, etc.). Ça ne fait pas de doute qu’en tant que modèles relationnels, ça ne vole pas très haut. Mais pour ceux et celles qui ont compris que ça a autant en commun avec les rapports homme-femme que Die Hard avec le travail des policiers, c’est autre chose… Si ce genre de rapports sont vus comme excitants de part et d’autre, et qu’on comprend que c’est du jeu comme le reste du jeu BDSM (safe, sane, consensual… juste rough et dirty!), ça peut être une source d’excitation à faire tourner des têtes! 

Sourire en coin, et mes cornes bien cachées sous mon chapeau, je trouve donc que plus les femmes se permettent d’être excitées par ce genre de trucs, plus les hommes kinky de mon espèce en seront heureux.

Notez bien que cela ne signifie pas une objectification définitive de la femme, mais une acceptation du plaisir que peuvent avoir les hommes ET les femmes à jouer aux femmes-objets!

Réflexion par Janus21/1/2009 9:37 am

L’un des grands coupables de l’hypersexualisation des jeunes serait la pornographie accessible. Et, évidemment, le genre de sexualité qu’elle représente. Bien entendu, éduquer à la sexualité par la pornographie, c’est un peu comme illustrer le travail policier avec les films de Die Hard. Je pense que c’est triste, par exemple, que des jeunes filles acceptent de se faire sodomiser, éjaculer dans la bouche ou prêter à des copains "parce qu’il le faut bien" ou parce que "si je ne le fais pas, il va se trouver une fille qui le fait". C’est là que la représentation pornographique est à son plus dommageable. Il y a aussi le danger, pour ceux (garçon et fille) qui découvrent la pornographie au moment de leurs premiers émois que la stimulation laisse une empreinte sur leur érotisme, et qu’ils se replient là-dessus en une sorte de fétichisme masturbatoire. 

N’allez donc pas croire que je fais l’apologie de la quasi omniprésence de la porno, même si je suis amateur du style (et de femmes-objets, si vous vous souvenez). Comme c’est le cas pour l’alcool, il y a un danger inhérent dans l’abus de certains plaisirs. Un peu de temps en temps pour le fun, c’est une chose; en faire un mode de vie, c’est radicalement différent. Je devais faire cette mise en garde avant de pousser mon propos sur des terres plus controversées… ce qu’il peut ressortir de positif de la génération porno.

À suivre! 

 

Réflexion par Janus20/1/2009 8:52 am

On parle beaucoup de l’hypersexualisation des jeunes depuis quelques années. Et les premières vagues de ces adolescents hypersexualisés arrivent dans le monde des adultes… depuis 2008, nous avons vu l’arrivée à la majorité de jeunes nés en 1990… Des jeunes qui n’ont jamais connu un monde sans internet!

Le sujet est quand même assez vaste, et les effets sont multiples. Parmi ceux-ci, on compte certains plus problématiques, comme une sexualisation de la jeunesse (le fait de voir comme sexuels des enfants du début de l’adolescence, voire même avant, du fait qu’ils portent des vêtements qui se veulent sexy) ou encore une perte de repères par rapport à la sexualité et aux relations… Pour ce dernier point, l’accessibilité à la pornographie serait à blâmer. D’entrée de jeu, je pense que copier-coller la porno dans ses relations personnelles n’est pas à conseiller pour personne. 

Cependant, je pense qu’on peut présumer que la génération montante sera plus délurée que les précédentes, de sorte que pour l’homme que je suis - pro-connaissance de soi et pro-érotisme sur mesure - n’y voit pas que des désagréments. En fait, le problème de la poule et de l’oeuf se pose… Est-ce que la société nous conditionne vers une plus grande sexualisation de soi, ou en sommes-nous venus à une société hypersexualisée en raison de l’attrait fondamental de la sexualité, qui s’insinue partout maintenant qu’elle est moins contrainte par une panoplie de tabous? 

Humain par Janus19/1/2009 9:37 am

Durant ma période blasée, en 2007, un des éléments qui me faisait souffrir était qu’après une série de relations enfilées à la suite les unes des autres, les mots doux que je voulais dire à l’une avait déjà été dits à d’autres, ce qui m’agaçait… Un peu comme si, à travers leur usage, certains mots en venaient à être réservés à une copine. Et ils le demeuraient même après la fin de la relation. 

L’un des mots les plus lourds de sens étaient parmi les plus simples et les plus beaux: mon amour. Tout simples, mais saturés d’affection, l’expression de ce qu’il y a de mieux dans mon coeur, tourné vers celle qui importe le plus. Ces mots-là, je ne m’étais pas senti libre de les prononcer… Jusqu’à la semaine dernière. Sans réfléchir, mais sans obstacle non plus, les mots ont jailli, inspirés par élodie et cette belle relation que nous vivons depuis maintenant presque un an… mon amour. Pas ma chérie, ou mon amoureuse. Mon amour

Ce moment-là, je l’ai su: j’étais guéri.