Reprenons du début: je suis un dominant plus "chaud" que froid, et pour moi les pratiques D/s sont directement reliées à mon érotisme qui est autrement "normal" (comprendre génital). Lorsque je me suis engagé dans cette relation d’échange de pouvoir, j’avais écrit que l’aboutissement d’une relation D/s risquait de rendre le D/s plus intégré, plus larvé… 

Ajoutons à ceci le fait que mes pulsions de domination arrivent généralement par vagues, par "bursts", et qu’elles ont comme prérequis l’harmonie que j’évoquais encore hier, et qu’elles sont sous-tendues par une excitation sexuelle.

Quant à élodie, le BDSM est bel et bien une orientation sexuelle. C’est par là qu’elle trouve sa satisfaction, sa vraie de vraie - c’est ça qui l’a conduite chez moi. Elle entretient des fantasmes de soumission très durs, mais elle réalise de plus en plus qu’il s’agit d’un idéal qui la détruirait à long terme. Pour elle, le besoin de se sentir soumise est très fort, et lorsqu’on est cruel avec elle, ce besoin est mis en veilleuse durant quelques jours. 

C’est là le grand écart entre moi et elle - et un élément important du fait que je ne comprends toujours pas les soumises - provient du fait que je sous-estime leur besoin d’être malmenées ou d’être mise dans un état d’inconfort. De mon côté, lorsque l’excitation et notre état relationnel rendent propices l’expression de ma cruauté (ce qui n’est pas exactement quotidien en partant), je le fais… Je me laisse aller à mes caprices, ce qui dégénère souvent en good ol’ rough sex, jusqu’à satisfaction. Et dans ces moments cruels, élodie connecte avec la soumise en elle, et elle me remercie chaudement.

Cependant, une fois ça fait, c’est un peu comme si mon réservoir de cruauté s’était vidé… je n’aurai pas tendance à me montrer aussi cruel à courte échéance… Inconsciemment, je crains de rendre sa vie dure, plate, indésirable en appuyant sur ma capacité à lui faire vivre des inconforts fréquents.

Or, pour elle, le besoin de se sentir soumise (exposée à l’humiliation, l’inconfort, la douleur) revient en quelques jours à peine. Et ça n’est pas le simple fait de me servir qui contribue à sa satisfaction, comme nous l’avons découvert ces derniers mois. 

Entre moi et elle, le grand écart est là: pour moi, la domination est épisodique, sexualisée et s’inscrit dans une sexualité génitale; pour elle, le besoin de soumission est constant, érotique mais pas seulement cela, et répond à des besoins indépendants à ses envies sexuelles.

Mais il est vrai que le simple fait de prendre conscience de cela nous outille pour la suite des choses.

Ne partez pas trop loin, je continue sur cette piste dès demain.