Relations par Janus28/11/2008 10:19 am

Je reprends aujourd’hui une question que je posais hier. "Qu’est-ce qui maintient votre couple ensemble?" Je vais ajouter sa réciproque: "qu’est-ce qui vous éloigne l’un de l’autre?" 

J’ai vécu une longue relation vanille qui était fort agréable mais qui, au fil des ans, devenait une source de frustration sexuelle, même si au jour le jour je me sentais comblé. À un moment, nous sommes arrivés à la croisée des chemins… le statu quo pour des décennies encore? Ou remettions-nous sur la table notre mise bonifiée, au risque de perdre ce que nous avions, mais au risque aussi de s’en ressortir plus riches encore…? 

Je le sais, je le sens: si j’étais resté avec elle, j’ai l’impression que dans une dizaine d’années, j’aurais dû faire face avec intérêts aux pulsions que j’avais embouteillées depuis le début de ma vingtaine déjà… Je pense que j’en serais venu à m’en vouloir, à lui en vouloir aussi, même si - je le répète! - nous étions très heureux au jour le jour. Mais lorsque je regarde ce que j’ai pu vivre depuis, je me rends compte que les désagréments d’une séparation (qui s’est quand même fait à l’amiable) auront valu la chandelle. 

Je pense que les relations de couple d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux de nos parents et grands-parents. Ces derniers mariaient leur première fréquentation sérieuse et on s’attendait d’eux qu’ils fondent une famille. Nos parents ont eu à trancher entre cette façon de voir et les options davantage hédonistes… "Est-ce que mon mariage est bon pour moi? Est-ce que cette relation me donne ce que je veux dans la vie?" Cette boîte de pandore relationnelle, une fois ouverte, a créé combien de divorces et de séparations? Même si on peut voir la séparation comme l’échec de la relation, c’est aussi un succès: la réussite de l’affirmation de soi, de ses désirs. Ceci me conduit à affirmer… si vous êtes malheureux en relation, si malgré certains aspects positifs, vous vivez dans la frustration, ne craignez pas de larguer les amarres (soyez-en particulièrement conscients avant qu’il soit question d’enfants et de procréation. Partir en quête d’un meilleur partenaire de vie, ça ne regarde que vous deux; briser une famille avec des enfants en bas âge annule toute ma réflexion jusqu’ici. Parce que dans ce cas-ci, il m’apparaît que le développement psychosocial des enfants est une priorité autrement plus importante que votre satisfaction érotique…).

L’expérience me porte à croire que pour plusieurs qui sont dans des relations insatisfaisantes - en raison d’asymétrie érotique, mais pas seulement cela - demeurent dans cette situation des années durant par peur de l’inconnu, par peur de faire mal à l’autre, par peur de ne plus être aimé comme on l’est dans cette relation.

Or…

Si l’inconnu vous fait peur, le connu vous frustre. Avant d’être dans cette relation, vous étiez dans l’inconnu… C’est de l’inconnu qu’a surgi beaucoup de vos expériences marquantes positives, qui une fois connues ne seraient échangées contre rien… Comme dit le proverbe, on ne peut pas découvrir de nouvelles terres sans perdre de vue le rivage! 

Si vous craignez de faire mal à l’autre, ne perdez pas de vue que maintenir une couple dans un état d’insatisfaction ou même de frustration n’est pas sans souffrances d’une autre manière. Rappelez-vous: s’il vous manque quelque chose d’important, que vous en avez parlé, mais que rien n’a bougé… les chances sont bonnes pour que la tendance se maintienne indéfiniment. Et de grâce, ne vous lancez pas dans l’infidélité ou le mensonge sous prétexte de vouloir épargner l’autre. Cela donne une relation qui tient sur la tromperie et le mensonge, et qui dénature l’amour que vous prétendez avoir pour l’autre - n’est-ce pas plutôt que vous craignez égoïstement de le perdre?

Finalement, souvenez-vous que si vous vous sentez aimé dans une relation, c’est vous qui en êtes la cause - pas l’autre qui consent à vous faire une fleur. Si vous êtes dignes d’amour, vous le resterez pour d’autres personnes - et, je l’espère, une personne qui vous comblera. Pour peu que vous osiez… 

Évidemment, on peut deviner à travers mes propos les réflexions qui m’ont conduit jusqu’à mon état actuel. Je pense que toute cette réflexion tient dans la classique expression… "la vie est trop courte". Trop courte pour se perdre en frustrations. Trop courte pour se permettre de refouler sa nature profonde. Trop courte pour choisir de vivre un engagement par habitude plutôt que par choix actif, et se réveiller un jour, que ce soit à 30, 50 ou 75 ans avec l’impression de ne pas avoir vécu.

Je suis en faveur d’un engagement réel et sincère, d’une véritable intimité complice, et d’une satisfaction érotique maximale. Cependant, tout n’est pas possible dans toutes les combinaisons d’individus en relation. Lorsqu’il manque une pièce importante, n’est-ce pas plus souhaitable de se remettre en quête, jusqu’au moment béni où, après avoir exploré une relation s’avérant satisfaisante, on peut conclure en disant: "j’ai trouvé"…  

Relations par Janus27/11/2008 9:34 am

Mon billet d’hier explorait (grossièrement) les pronostics des couples asymétriques selon leurs particularités relationnelles. 

Semble-t-il qu’une avenue considérée par plusieurs est l’inclusion d’un autre joueur ou d’une autre joueuse au couple, qui amènerait la dose de domination désespérément désirée par au moins l’un des deux.

Si vous permettez, je commencerai en mettant de l’avant deux expériences que j’ai vécues dans mon parcours qui traitent de cette problématique. 

Dans le premier cas, j’étais la troisième roue. Une jeune fille m’a contacté et m’a offert une rencontre. Après les discussions d’usage, nous nous sommes rencontrés et avons vécu un 24h mémorable, durant lequel elle m’a avoué être en couple. Elle me plaisait beaucoup, et c’était manifeste à mes yeux qu’elle n’était pas comblée dans son couple. Je me suis épris d’elle, nous nous sommes revus plusieurs fois pour combler son "besoin" de soumission. Éventuellement, son copain s’est senti menacé par son enthousiasme et a réévalué son ouverture à lui permettre de "vivre ses trips". Je me suis retrouvé le bec à l’eau. 

Dans le deuxième cas, je me suis rapproché rapidement d’une femme engagée. La femme en question n’était pas satisfaite en tant que soumise dans sa relation amoureuse. À mesure que nos affinités se sont précisées, il fut d’abord question que je joue avec elle en marge de sa relation. Cette fois-là, j’ai décidé de ne pas retourner dans cette logique de triangle érotico-amoureux. Cependant, elle s’est sentie attirée par moi au point d’en venir à quitter son ancien amoureux. C’est une histoire qui se finit bien… vous la connaissez, elle s’appelle maintenant élodie. :) Mais dans ce cas-ci, c’est le copain qui a dû vivre avec sa décision… 

Une relation à deux est déjà difficile à maintenir. Une relation déjà déséquilibrée par une asymétrie dans les fantasmes risque de chavirer par l’addition d’un troisième pôle. Je vous invite à en tenir compte si vous considérez possibilité… Ainsi que les réflexions suivantes. 

Qu’est-ce qui maintient votre couple ensemble? Si c’est la complicité, la camaraderie, la bonne entente, peut-être que vous n’avez pas besoin d’être "couple" - peut-être qu’au fond, vous êtes des meilleurs amis sexuellement exclusifs.  

Si l’un ou l’autre ressent des pulsions telles que vous songez à faire appel à un "spécialiste du couple" pour prendre en main ses besoins, vous ne pouvez pas faire abstraction du futur… croyez-vous vraiment que lesdits besoins s’évanouiront comme la rosée du matin après quelques séances? Si le ou la partenaire soumis(e) vit des frustrations à l’intérieur de son couple (qui peut très bien fonctionner à tous les autres égards), les choses ne risquent guère de s’améliorer avec les années… Et on en vient, dans le meilleur des cas, à une situation absurde de loyauté mixte, au conjoint ou à la conjointe la majeure partie du temps, au dominant ou à la dominante dans des moments choisis… qui se partagent le temps, l’attention, l’affection, l’investissement de la pointe du triangle. Ça vous convient? Parfait. Mais pour combien de temps encore? Et quoi faire ensuite? 

J’imagine que pour ceux qui s’entendent pour dissocier soumission et sexualité, les choses seront légèrement moins complexes. Mais justement du fait que ceux-là valorisent le D/s comme expérience érotique au-delà de la génitalité… N’est-ce pas celui des partenaires qui reste du côté vanille qui risque, au final, de se retrouver dans la position de la troisième roue? 

 

Relations par Janus26/11/2008 8:34 am

Peut-on "apprendre" à être dominant? 

Peut-être. Peut-être pas.

Si je suis passé de simple pervers à pervers dominant, ça doit être que chez certains, des pulsions sommeillent… Pour ceux-ci, ça sera moins un apprentissage qu’une ouverture vers leur volcan endormi.

Pour ceux à qui ça ne dit rien, les choses sont moins roses. Les activités BDSM resteront pour eux des simagrées vides d’excitation, un peu comme le fétichisme des pieds pour la population générale… On pourrait peut-être s’y plier une fois, mais en faire une activité fréquente? C’est autre chose.

D’autant plus que les désirs de soumission vont souvent au-delà du simple fait qu’on leur tape des fesses ou qu’on attache des poignets - quoique ceux qui trouvent satisfaction là-dedans sont aussi chanceux, parce qu’il est plus facile d’intégrer ces pratiques simples dans leur couple préexistant. Pour les autres, qu’est-ce qui manque? Je pense que c’est d’abord et avant tout une PRÉSENCE, une influence marquée. Je veux dire qu’il me semble y avoir une différence marquée entre donner une simple fessée, par exemple, et en donner une qui vienne frôler la capacité d’encaisser de la soumise. Pareillement, c’est une chose de donner des instructions sur un ton autoritaire, c’en est une autre de mettre sur la table des exigences d’un caractère plus disciplinaire et d’en assurer le suivi avec vigilance… 

Pour ceux qui seraient dans cette situation d’être happés jusqu’à la domination par les désirs de leur partenaire, je pose les questions suivantes… Avez-vous tenté de comprendre finement et profondément ce qui anime votre proto-soumise? Avez-vous réfléchi à l’écart entre ce qu’elle désire et qui vous êtes, non pas en termes flous ("elle veut que je sois plus dur") mais en termes pragmatiques ("elle aimerait que je lui fasse mal jusqu’à ce qu’elle essaie d’esquiver, et que je continue malgré cela"). Une fois ceci considéré, dans quelle mesure êtes-vous prêt à… vous soumettre aux désirs de votre partenaire, et la soumettre elle? Une fois l’an? Une fois par mois? Lorsque les besoins de soumission s’avèrent trop envahissant? La recherche d’un compromis risque de maintenir les deux partenaires dans un état de relative insatisfaction, mais permettre peut-être de sauver le couple, aussi… Et si vous voulez m’en parler, ne vous gênez pas

Une autre démarche entreprise par certain(e)s est d’inviter un dominant ou une dominante pour jouer avec la personne soumise, que ce soit en présence du partenaire "vanille" ou dans une relation parallèle. Je continuerai ma lancée demain sur ce sujet.  

Relations par Janus25/11/2008 8:44 am

Ayant lu mon billet d’hier, élodie me demande… 

Être dominant, c’est faire ce qu’on veut… Comment se fait-il qu’un gars qui se fait dire "fais ce que tu veux avec moi" puisse ne pas vouloir? 

Je lui réponds du tac au tac qu’il y a un monde entre faire ce qu’on veut et dominer une femme. Elles ont un érotisme puissant et complexe. Elles ne veulent pas qu’un leur "fasse" quelque chose, elles veulent *ressentir* une énergie particulière, un rapport symbolique qui fait écho avec ce qu’elles ont de plus profond et d’intime. Bref, entre le fait de se laisser aller à ses pulsions pour le dominant, et le fait d’avoir ses pulsions satisfaites pour la soumise, il y a tout un monde de différence. 

Secundo, et je crois que c’est là que beaucoup chavirent, c’est que les couples déjà existants qui décident de faire une sorte de virage BDSM ont tout un passé à réécrire. Croyez-moi, il n’est pas facile de tout d’un coup se permettre de dominer la partenaire avec qui on a construit une relation égalitaire, une complicité et une réciprocité qui sont tout le contraire des jeux de pouvoir. Si monsieur s’essaie à prendre l’autorité en main et qu’il hésite, rigole ou s’emmerde, le problème risque de s’envenimer. Même s’il s’assume… quel est le pronostic du couple si mademoiselle ne reconnaît pas en son amoureux depuis des mois l’incarnation du Pouvoir, de la Discipline ou de la Contrainte qui la fait fantasmer depuis toujours? 

Ce qui nous amène aux questions suivantes… est-ce qu’on peut apprendre à être dominant lorsque l’impulsion ne vient pas de soi? Quelles sont les conséquences auxquelles ont peut s’attendre lorsqu’un partenaire est happé par les désirs de l’autre jusqu’à une position d’autorité? 

Relations par Janus24/11/2008 9:18 am

On dirait que je lis beaucoup, ces temps-ci, à propos de couples qui ne trouvent pas leur équilibre. Mademoiselle est soumise, monsieur ne sait pas quoi en faire m’apparaît le pattern le plus fréquent, quoique j’ai aussi souvent rencontré des hommes soumis qui tentaient de "happer" leur partenaire jusqu’à ce qu’elle devienne sa dominante. Dans les deux cas, ce sont des gens qui ressentent une forte pulsion de soumission qu’elles ne peuvent pas ignorer (Je note que les dominants qui vivent une telle asymétrie - ou peut-être qui l’affichent - sont beaucoup plus rares!). 

Cette semaine, je vous parlerai de ces phénomènes… Comment on peut finir "happé" par les désirs d’un autre, et que faire lorsqu’on se retrouve dans une relation où une dimension fondamentale de son érotisme est laissé en friche. À suivre! 

Réflexion par Janus21/11/2008 10:39 am

Une nouvelle réflexion issue de mon commentaire dans le courrier des lecteurs de cette semaine.

Après réflexion, il ne faut pas sous-estimer l’avantage qu’ont les joyeux pervers sur les couples plus conventionnels. 

En effet, combien de couples autrement bien assortis sont dans une relation qui devient pénible en raison d’insatisfactions sur le plan érotique, lorsque ça n’est pas carrément une vie fantasmatique complètement cachée à l’autre (en raison de pulsions bisexuelles, fétichistes ou BDSM non assumées)? 

Même si le fait d’être dans une relation ouvertement D/s n’est garant de rien, nous avons au moins ce point de contact entre partenaires…  

Récits par Janus20/11/2008 9:16 am

Moment d’hédonisme purement pacha hier. 

J’avais donné comme préavis à mon élodie de me concocter un repas 5 services pour le plaisir de mes papilles. Je lui ai demandé de me servir à la manière des geisha (sans négliger son rôle de cuisinière!). Elle s’est vêtue d’un haut de kimono… et rien d’autre. Ses paupières rouges et noires portaient de longs faux cils qui lui donnaient un air de poupée… ou de porn star. Mmmmmm.

En lui rappelant plusieurs fois d’agir avec davantage de délicatesse (encore du travail à faire avant d’atteindre ce niveau de grâce éthérée que nous visons!), j’ai dégusté ce festin à mon intention. Elle m’accompagnait, agenouillée à mes côtés. 

Question d’accentuer le travail vers une maîtrise gracieuse de son corps, je lui ai fait tenir une clémentine en équilibre précaire sur deux baguettes dans sa bouche. Tourne à gauche, tourne à droite, descend, remonte, le moindre mouvement prenait un caractère délibéré, prudent, mais aussi toujours balancé. À quatre reprise, le fruit alla rouler par terre. Mais elle s’acquitta de mes instructions avec soin, outre ces quelques dérapes. 

À quarante centimètres du mur, je la fis monter sur le bout de ses pieds, en mettant une clémentine sous chaque talon. Elle dut toucher le mur de deux doigts en haut de sa tête, la plaçant en déséquilibre et exigeant davantage de ses mollets. Je me mis alors à lui frapper les fesses à mesure que la fatigue gagnait ses muscles. Elle finit par me supplier de la laisser se reposer - peut-être la première vrai supplication de notre histoire, ni exigée, ni théâtrale.

Rendu là, je suis passablement excité. Je l’envoie sur le lit et me met à la pénétrer. Après un moment, je lui attache les mains en haut de ma tête de lit; encore quelques minutes et je lui attache les chevilles aux extrémités, gardant ses jambes ouvertes… et toute sa personne offerte. Je déguste le clou de mon festin de pacha. 

Courrier par Janus19/11/2008 9:06 am

ametis commente sur la communication:  

"je suis peut-être encore bien naive, mais j’aime à croire que dans bien des couples D/s il y a davantage de communication que dans la plupart des couples vanilles. Ou, à tout le moins, il y a moins de non-dit.

C’est avec cette même communication qu’est possible de recentrer l’équilibre dont vous parlez. Ces efforts de communication s’expliquent-ils en partie par la grande difficulté à se trouver? Suscitant une plus grande ouverture? Qu’importe, je trouve que ça rend une relation beaucoup plus vivante et évolutive."

Personnellement, je pense que les couples D/s ont un avantage de taille: ils se rejoignent sur le plan de l’érotisme, sinon en bloc, au moins sur certains détails. Ceux qui découvrent leur penchants BDSM ensemble après qu’ils soient tombés en amour doivent être comblés! Cependant, ceux qui se rencontrent sur la base de leurs affinités érotiques vivent d’autres sortes de problèmes… même si les fantasmes sont mis de l’avant et discutés ouvertement, des enjeux propres aux relations D/s sont inévitables… Quelle place fait-on au jeu? Quels rôles se donne-t-on comme base dans nos interactions? Que faire lorsque le quotidien en vient à diluer les sentiments de domination et de soumission? Comment gère-t-on les moments où les problèmes émotifs ou les blessures du passé jaillissent à l’avant-scène?

Décidément, les couples D/s ont quelques avantages sur le plan de la communication, mais ils font aussi face à des enjeux complexes qui feraient pâlir bien des gens. Avec écoute, échanges et amour, tout reste possible…


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Valmont n’aime pas que j’assimile O à une soumise-tapis

"Au passage, qualifier O de soumise-rapis me semble un raccourci déplorable. Même si elle fait tout pour se soumettre à son Dieu, O a un emploi, elle fait preuve d’initiative à de nombreuses reprises dans la trame d’Histoire d’O, elle a ses propres élans qui ne cèdent en rien aux impératifs d’autrui.

Il y a peut-être ce fâcheux travers d’assimiler la soumission érotique à la passivité qui est en cause…"

À mes yeux, elle a bien beau avoir un emploi et gérer ses temps libres, sans préavis, elle se fait quand même livrer à une meute d’hommes pour être torturée et utilisée non-stop par quiconque le veut. Et maintenant comme jadis, je considère son passage sous l’autorité de Stephen comme l’abomination qui m’a fait décrocher du reste du livre… Comment peut-elle prétendre faire ça pour son amant lorsqu’elle cesse d’être avec son amant? 

Pour revenir au sujet… Lorsqu’on a affaire à quelque chose sur quoi tout le monde passe, que tout le monde peut utiliser librement, quelque chose qu’on donne à d’autres, qu’on peut battre et percer sans trop s’en soucier, et qu’on abandonne finalement… Je trouve que les exacts mêmes mots s’appliquent autant à O qu’à un tapis.

Qui sait? Peut-être que votre carpette vous aime et accepte toute la boue qu’elle reçoit avec plaisir. 

Ça n’est pas moins un tapis.

 

Réflexion par Janus18/11/2008 8:13 am

J’écrivais hier comment chacun avait ses petites perversions personnelles… mais je me permets un mot sur ceux qui en ont au moins un gros! 

Mon titre fait référence au fait que les fétichistes ressentent une attraction toute-puissante envers l’objet de leurs envies. Dans cette optique, on pourrait dire qu’ils sont chanceux d’avoir à leur portée un réservoir inépuisable d’excitation… particulièrement s’ils sont en couple avec quelqu’un qui partage leur intérêt!

Le point d’interrogation réfère au fait que l’étroitesse de leurs désirs - les pieds de la femme au-delà de la femme elle-même, par exemple - doit assurément être lassante à la longue, pour leur partenaire sinon pour eux. 

Chanceux, les fétichistes? À eux de le dire. Tout compte fait, je n’échangerais pas mes intérêts multiples pour un (ou quelques-uns) qui deviendrait plus central…

Réflexion par Janus17/11/2008 9:44 am

Chaque individu a des domaines d’excitation particulière, des sortes de petits fétiches personnels. 

Ces fétiches varient immensément d’une personne à l’autre. Pour l’un, ce sera de faire l’amour en public, pour d’autres d’éjaculer sur le visage de la fille, le sexe à plusieurs, les vêtements de cuir, la bisexualité occasionnelle, un scénario ou un autre…

Ce qui est intéressant, c’est comment quelque chose peut être la plus grande merveille du monde pour l’un, et complètement  sans intérêt pour un autre. Un bon exemple est le fétichisme du pied, une érotisation d’une partie complètement anodine pour un autre.

Dans le BDSM, je ne vous apprendrai rien, les pratiques sont immensément variées, ce qui implique qu’il y a de grandes différences entre les fétiches personnels à l’intérieur d’une grande nébuleuse qui inclut à la fois le fouet, la mommification et l’humiliation! 

C’est un défi de taille pour les partenaires qui se rejoignent dans le domaine du BDSM. Dans une relation "vanille", un déséquilibre sur le plan des fétiches personnels peut créer un déséquilibre - qu’on imagine la préférence non partagée ou encore qu’on choisit de garder secrète malgré la frustration. Dans une relation de domination et de soumission, c’est fou… l’image que cela m’évoque? Ces acrobates chinois qui tiennent simultanément en équilibre douze assiettes sur de longs bâtons… 

C’est comme si les couples D/s avaient à gérer tout ce à quoi les couples vanilles font face… mais avec une couche de complexité supplémentaire. Pas surprenant que l’insatisfaction se pointe souvent le nez après un moment de fréquentation. Heureusement, rien n’empêche de discuter et de trouver un - ou des! - nouveaux points d’équilibre…