Ce message reprend des éléments évoqués durant l’année dernière, mais sous un angle particulier - je réalise que je ne suis que moi, et ce que "moi" a à dire tend évidemment vers une certaine cohérence, de sorte qu’avec des écrits quotidiens, il est inévitable qu’il y ait certaines redites… mais je crois bien que cet élément du propos est inédit.
Parlons de soumission chevaleresque, donc. Mais de quoi est-il question, au juste?
Nous n’avons pas à chercher bien loin pour reconnaître un type de relation amoureuse où, sans tomber dans le BDSM et la soumission formelle, nous retrouvons quand même un déséquilibre au niveau des pouvoirs, des décisions. Dans ces couples, c’est comme si la femme décidait de tout. Pas en forçant quoi que ce soit; simplement, c’est comme si l’homme se remettait au bon vouloir de son aimée pour tout ce qui est de la gestion du temps et des activités du couple. Évidemment, il n’y a rien de mal à ça. Mais on est loin de la représentation de l’homme comme chef de famille.
Je vais vous faire part de mes réflexions à ce sujet, alimentées entre autres du fait que je me suis retrouvé dans une telle dynamique en cours de route (ni souvent ni longtemps, mais assez pour donner à réfléchir). Je pense que le phénomènes conduisant à ce genre de rapport tient surtout d’une stratégie de séduction de fils à maman. Voyons voir…
L’homme qui cherche à séduire une femme va évidemment tenter de montrer patte blanche. Un peu comme les chevaliers des contes, il va se montrer serviable, gentil, il va mettre les besoin de sa dame au centre de ses préoccupations, et surtout, il va éviter à tout prix de lui déplaire - quitte à changer la personnalité qu’il affiche. Combien d’hommes sont radicalement différents selon qu’ils se trouvent avec leur gang d’amis, ou en présence de leur copine? Une fois la relation nouée, les choses se maintiennent: la demoiselle demande, le chevalier servant est heureux d’accéder à sa demande. Je dis que c’est un mode de séduction de fils à maman, parce qu’à mes yeux, ça trahit comment les gars de ma génération (et des années suivantes) sont à la fois proche de leur mère et plus ou moins socialisé à une masculinité en elle-même, et non tournée vers la féminité (c’est peut-être un bon sujet pour un autre jour).
Lorsque la séduction devient engagement, l’homme conserve souvent un îlot d’autonomie… Un hobby, des fréquentations masculines, des sports par exemple, où il peut être décideur et proactif. Dans le cadre de la relation, les décisions "de couple" (quoi manger, comment décorer, que faire des vacances, etc.) sont d’office remises à la dame, et le chevalier servant les accepte souvent sans pression… il est bien content qu’on s’en occupe pour lui! Je pense qu’un autre bon indice de cette tendance est comment, de façon quasi universelle, les "amis du couple" sont en réalité les amies de la fille (et leur copain à elles!)… tandis que les amis du gars sont un domaine extérieur au couple.
Sur le plan fonctionnel, je pense que c’est l’arrangement "par défaut" de plusieurs couple qui l’adoptent sans réfléchir plus loin. J’en retiens que la masculinité, dans cette optique, se définit soit en marge d’une relation (le gars sera vraiment gars avec sa gang de gars), soit dans sa relation de couple à travers une soumission douce, "chevaleresque", en vue de plaire à celle qui incarne la féminité et qui est source d’amour (on a pas à chercher très loin pour voir le parallèle avec la mère).
En somme, même si toutes les femmes sont très loin de l’iconique "Lyne la pas fine" des Invincibles (coming soon en France), il y a du Carlos dans beaucoup de gars.
Bonne fin de semaine à tous, et merci aux 4 qui ont commenté mon message précécent… ça fait toujours un énorme plaisir! Vous gênez surtout pas si vous avez des questions, des commentaires, des suggestions de thème. Ça ne fait jamais de mal d’amener de l’eau au moulin!
