Réflexion par Janus30/9/2008 6:58 am

Je disais hier que notre société devient de plus en plus égalitaire de décennie en décennie. 

L’une des grandes avancées est au chapitre des rôles traditionnels associés à chaque sexe. Il y a un siècle, il fallait encore plus de couilles qu’un homme pour qu’une femme réussisse comme médecin, avocat ou journalistes… Or, de nos jours, les femmes sont ingénieures, astronautes, éboueurs, gens d’affaire. Tout ce qu’elles veulent.

Une évolution semblable s’est produite dans les maisons. La femme ménagère par défaut appartient au passé… mais aussi l’homme comme chef de famille dont toute l’autorité découle. Les rôles familiaux ne se sont pas inversés; ils ont simplement été cassés pour être remplacés par… autre chose. Les organisations ne sont pas les mêmes dans tous les foyers. C’est un peu comme si chacun trouvait sa façon de faire, selon ses préférences. Résultat: la famille est maintenant moins une institution qu’une cohabitation d’individus plus ou moins coordonnés. 

Je ne me fais pas l’apôtre du retour en arrière. Loin de là! Le "chacun à sa manière" a du bon. Justement parce que le genre d’inégalité symbolique que nous cultivons à travers les échanges de pouvoirs deviennent une façon parmi tant d’autres de vivre ensemble.

Je suis le chef de ma "famille" (sans enfants, d’où les guillemets). Déjà, c’est quelque chose que je n’aurais peut-être jamais pu vivre autrement qu’à travers un lien D/s. Pareillement, élodie sert son homme et s’assure qu’il est heureux et qu’il ne manque de rien - bref, elle joue le rôle de l’épouse dévouée. Bizarrement, notre rapport ressemble aux rôles traditionnels. Dans les faits, il n’en est rien.

Ça n’est pas le fait d’être née femme qui la condamne à un rôle, une occupation - voire une caste. L’émancipation de la femme offre la possibilité à chacune d’être tout ce qu’elles veulent. Or, c’est son désir qui l’anène à se soumettre à moi. Elle peut donc être asservie par mes bons soins (tout en poursuivant sa carrière pleine de responsabilités en parallèle!). Et vous savez la meilleure? 

L’inverse est tout aussi remarquable: des hommes mettre en oeuvre leur désir de se soumettre à des femmes (ou à d’autres hommes, pourquoi pas?). C’est ça aussi, la disparition des rôles traditionnels à l’échelle de toute la société.

Réflexion par Janus29/9/2008 8:25 am

Il y a plusieurs façons d’opposer la pratique des échanges de pouvoir érotiques avec certains éléments de la société plus large. 

Une première opposition provient de l’idée même d’une inégalité consentie, et de la volonté de se mettre dans un tel rapport inégalitaire.

Après tout, combien d’efforts ont été déployés pendant des décennies pour que la femme en vienne à réclamer un traitement égalitaire? Pour casser la pensée de castes et favoriser la mobilité sociale… bref pour aplanir les différences entre statuts et degrés d’autorité, afin que même les rapports hiérarchiques respectent les droits de la personne… 

Or, malgré tout cela, on retrouve une tranche de la population qui se met volontairement en quête de soumission, de servitude, d’avilissement.

Il pourrait être contradictoire d’aligner ce genre de contraires… Esclave par choix… avili dans le respect… soumis à un égal… Mais j’y vois la démonstration d’une société civilisée, où l’égalité et le respect sont assez acquis pour qu’on se permette de jouer sciemment à l’inégalité et à l’humiliation. Et je trouve ça tout à fait fantastique.

Le BDSM ne s’oppose pas aux règles sociales; il permet de les suspendre dans un cadre consenti et contrôlé. Pour le plaisir de chacun… 

 

Réflexion par Janus26/9/2008 8:47 am

Oui, élodie est vraiment une femme superbe. Mais vous aurez compris à la lecture de son billet qu’elle ne se percevait pas ainsi il y a quelques mois seulement. 

Lorsque je la qualifie de superbe, ça n’est pas une exagération. J’ai eu plus que ma part d’aventures, de relations, d’amitiés avec privilèges et tout le reste. Aucune n’a attisé chez moi l’attrait que ma demoiselle exerce de façon continue.  

Le fait qu’elle ait éprouvé des problèmes de perception d’elle-même me sidère, tant elle est d’une beauté et d’un charme sans équivoques. Mais force est de reconnaître que cette tendance à se percevoir moins attirante que les autres le pensent n’est pas exclusive à elle. Plutôt le contraire, en fait. Les plus belles femmes que j’ai eu la chance de côtoyer figurent toutes sous cette tendance. C’est étrange à dire, mais j’ai rarement rencontré de femmes complètement à l’aise avec elles-mêmes, qui ne se cassent pas la tête avec quelque imperfection réelle ou imaginaire. Les mannequins et les vedettes adulées par les masses ont bien beau se retrouver sur des posters géants, je n’ai pas de peine à imaginer qu’elles se morfondent de quelque imperfection, ou à tout le moins qu’elles envient les attributs de leurs rivales - leurs cuisses, leurs seins, leurs lèvres, qu’importe. 

Je suis un homme, et peut-être en raison de cela, j’ai la conscience aigüe du pouvoir des femmes sur ma race. Je sais qu’aux yeux de bien des hommes, c’est la femme dans son entièreté qui est vue et appréciée (évidemment, chaque homme a ses préférences, je ne dirai pas le contraire!). Mais dans la tête des femmes, je devine que c’est un peu comme si elles n’étaient que leurs défauts, leur insécurité, leurs complexes. C’est bien triste. 

Celles qui ont l’audace de s’assumer, cependant, deviennent carrément dangereuses - dans le meilleur sens du terme! L’assurance peut aller jusqu’à rendre certaines qui n’ont pas été choyées par la nature plus séduisantes que bien des poulettes et autres bimbos…

Mais au fond, le meilleur des mondes, n’est-ce pas prendre un pétard et lui apprendre à se voir comme moi je la vois?  

Réflexion par Janus25/9/2008 8:53 am

Que dire après le commentaire précédent d’élodie, sinon qu’elle est jolie, sensuelle, féminine et bien roulée?

Dans ce cas-ci, cependant, il ne s’agit pas d’un fantasme de mon égo ou d’un mensonge pour jouer dans les clichés du genre. C’est une réalité qui s’est imposée à moi dès le premier coup d’oeil. J’ai pu voir le joli visage d’une jeune femme toute excitée, au sourire facile, aux yeux habités d’une conscience de ce qu’ils projettent; un visage aux expressions délibérées vissé sur un corps de déesse. Que demander de mieux? 

L’amour, bien entendu. Et nous l’avons eu également!

Je t’aime, mon élodie.

Réflexion, élodie par élodie24/9/2008 9:10 am

Avez-vous remarqué que dans presque tous les récits de soumises, mademoiselle est décrite comme jolie, féminine, sensuelle et bien roulée? En fait, pendant plusieurs années, j’ai été bloquée par cette représentation de la soumise fabuleuse, me croyant par combien trop ordinaire pour appartenir au monde bdsm. Si j’étais sortie un peu dans les soirées spécialisées, on m’assure que j’aurais vite réalisé que je n’avais pas du tout à m’en faire. Ce n’est pas que je sois moche, au contraire, mais je n’ai jamais eu une estime de moi très forte sur le plan de l’apparence.

Pourquoi le discours de la communauté entourant la représentation de la soumise met-il un tel accent sur la beauté? Est-ce parce que cela gonfle l’égo des Maîtres de s’imaginer avec des femmes bien au-dessus de la moyenne? Est-ce parce que cela constitue souvent un projet dans le dressage de l’esclave, que son apparence soit de plus en plus conforme aux fantasmes du propriétaire? Est-ce plutôt que dans leur féminité, leur sensualité et leur sexualité affirmées, les soumises représent des femmes hautement désirables?

Je n’ai pour ainsi dire pas changé physiquement depuis que je connais mon amour-Maître… Une teinture par-ci, de nouvelles techniques de maquillage par-là, bien entendu, mais je suis toujours la même. Je remarque cependant les regards qui se multiplient sur mon passage, les compliments ouverts, même. Hier, sur la rue, un homme s’est exclâmé: "Quelle élégance, mademoiselle!" En repensant au look d’hier, je n’ai d’autre choix que de conclure qu’il n’y avait rien de particulier, sinon l’assurance et le calme serein avec lesquels je me dirigeais au lieu de mon rendez-vous.

Il n’y a pas si longtemps, je faisais partie de ces soumises très inhibées à la suite de blessures à la perception de soi. Il est certain que la pluie d’éloges de mon amour-Maître et les encouragements permettent de rebâtir peu à peu une certaine confiance. Et il n’y a pas à dire, la confiance, l’applomb, c’est sexy. Depuis que je Lui suis soumise, le miroir me renvoie enfin l’image d’une femme à mon goût… une femme de plus en plus fatale, une femme de plus en plus femme. 

Récits, élodie par Janus23/9/2008 7:12 am

Je réalise, au moment d’écrire ceci, que six billets ont été consacrés à un épisode qui a eu lieu il y a dix jours… il est temps de passer à autre choses. :)  

Je veux vous raconter un nouvel épisode qui a eu lieu il y a deux jours. Pour faire une histoire courte, imaginez élodie nue, pieds et poings attachés par des restreintes de cuir, les mains retenues en place par une patte de lit. Elle est couchée sur le sol, un fruit de forme phallique enfoncé dans son entrejambe. Elle est baillonnée par du duct tape, ce papier collant gris et supposément étanche. J’en prends un autre petit morceau et soigneusement, je lui bouche une narine, puis l’autre, jusqu’à ce qu’elle se tortille. Je lui laisse prendre une bouffée d’air, puis je recommence. Son sourire va en grandissant. Après quelques répétitions, je libère ses voies respiratoires et vaque vers mes loisirs, profitant de son corps offert et dénudé. 

Je remarque son visage quelques minutes après. Discrètement, je sors mon appareil photo et m’en approche. Les yeux fermés, elle ne se rend pas compte de ce qu’elle affiche, de ce que je veux saisir: son expression extatique, la face même du contentement. 

Décidément, on voit qu’elle ne voudrait pas être nulle part ailleurs dans ces moments-là. 

Courrier par élodie22/9/2008 8:37 am

Nous avons reçu un courriel manifestant des inquiétudes par rapport à la crise de la semaine dernière, où l’idée de "serrer la vis" à quelqu’un en détresse apparaît comme peu saine. J’ai demandé à élodie d’y répondre afin de remettre l’épisode en perspective. - Janus


À la lecture du courriel du lecteur inquiet, mon amour-Maître et moi avons constaté que notre démarche pouvait être interprétée comme malsaine. En fait, il lui manquait - comme aux autres lecteurs - des informations importantes pour bien saisir les chemins que nous avons empruntés suite à la fameuse "crise". 


D’abord, chers lecteurs, vous ignorez ce qui a généré cette crise en premier lieu, parce que je ne tiens pas à dévoiler mes rouages les plus intimes sur un site public. Vous me comprendrez si je garde pour moi la nature les racines profondes de cette crise. Suffit de dire qu’elles sont le symptôme d’un mal-être ancien que ma soumission à Monsieur allège grandement. Paradoxalement, cet épisode a été déclenché parce la soumise en moi n’avait pas été nourrie d’une certaine façon ces derniers temps. Plus tôt ce soir-là, Monsieur m’avait demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai dit que tout allait. Mais le cocktail d’émotions s’est imposé, et je l’ai géré comme je le faisais d’antan: en me faisant mal. 

Après ma crise, Janus m’a d’abord réconfortée, puis nous avons parlé longuement, jusqu’à nous endormir, emportés par le sommeil, puis encore le lendemain matin. Cela a conduit à une réévaluation de notre rapport ainsi que de nos attentes et limites à tous les deux. Je pense que le format de blog virtuel ne rend pas du tout justice à la sensibilité de mon Monsieur, au fait qu’il doit être totalement certain d’être aligné avec les désirs de ses partenaires pour procéder à l’échange de pouvoir. C’est l’expression de mes désirs, et pas une intention de me punir, qui l’a conduit à, comme il l’a dit, me "serrer la vis". 

M’envoyer réfléchir dans le placard était bien une punition, mais pas sous le coup de l’émotion - ni la mienne, ni la sienne - et cette punition, comme tous les éléments de notre relation D/s (en opposition à notre relation amoureuse) entre dans ce que j’appelle notre relation symbolique. Nous savons tous les deux que c’est dans un rapport d’égalité que mes problèmes peuvent être traités. Ce qui n’exclut pas que nous en jouions également, en parallèle et symboliquement, à travers notre relation D/s. 

Sur le blog, on lit que Janus a froidement "bridé" la soumise, comme si c’était sa seule réponse à ma détresse. Si c’était toute l’histoire, il y aurait raison de s’inquiéter. Dans les faits, ma crise a été une occasion d’exprimer mes besoins et de nous ramener au sentiment de sécurité de notre couple.

Je suis masochiste depuis la tendre enfance et j’ai été suivie par plusieurs psychologues. Les plus grandes percées ont eu lieu au cours de la dernière année, car j’ai pris conscience de ce qui déclenchait ces crises chez moi, ce qui nous permet de les prévenir… mais encore faut-il que je détecte leur montée à temps. Je continue à travailler en ce sens, épaulée par mon Monsieur.

élodie

Récits, élodie par Janus19/9/2008 8:50 am

Vous le croirez ou non, mais suite à l’effusion de violence incontrôlée d’élodie dimanche dernier, j’ai décidé de lui serrer la vis. 

Oh, je ne doute pas un instant que vous puissiez croire ceci. Mais attendez. 

Je l’ai évidemment punie. Je l’ai séquestrée dans un placard sans lumière pendant plusieurs heures.

Je l’ai envoyée en talons haut faire des courses au loin là-bas.

Je lui ai donné une charge supplémentaire de corvées… Nettoyer toutes mes grandes fenêtres, ça lui apprendra la transparence. 

Je lui ai enfoncé un grand buttplug dans les fesses, je lui ai mis une grosse boule dans la bouche, et nous avons regardé ensemble une émission qu’on suit. Je ne peux pas garantir qu’elle y ait porté la plus grande attention, cependant. 

Arrivé le soir, je l’ai envoyée dormir par terre…

Elle est devenue plus souriante, sereine et amoureuse que je l’ai jamais vue suite à cela… 

Incroyable, non? Je vous l’avais dit… Décidément, je ne comprends rien aux soumises

Mais je comprends un peu mieux mon élodie… 

Réflexion par Janus18/9/2008 8:04 am

La triste explosion de cette semaine a été une occasion d’apprentissage. 

J’en sais un peu mieux sur cette douleur qui lui tord les entrailles, et j’en sais aussi davantage sur son impulsion vers une soumission complète. Des choses qu’elle m’avait déjà dites, mais qui prennent une toute autre consistance à la lumière des événements récents.

Je comprends mieux que la meilleure façon pour que mon esclave ne s’emballe pas est de la brider et de tenir solidement les rênes… Les expériences des derniers jours le montrent. 

Je vous raconterai demain exactement ce que j’ai fait depuis… Et comment elle l’a reçu.

Réflexion, élodie par élodie17/9/2008 8:12 am

Mon amour-Maître. J’ai commencé ma petite routine quotidienne en allant vous lire sur Janus hier et j’ai aimé ce que j’y ai trouvé: par vos précisions, le sentiment que vous comprenez un peu mieux ma situation. Ma façon de gérer mon inconfort psychologique avec des crises masochistes date de bien avant vous et vous ne pouvez nullement en être considéré comme responsable. C’est mon problème, ma bibitte toute noire. En revanche, je suis consciente que ce type de comportements est extrêment déroutant pour mes partenaires, qui se sentent partagés entre responsabilité et impuissance. Je suis déçue de moi-même de n’avoir pas su vous éviter cette désagréable posture, mais vient un temps, lorsque je connecte avec cette douleur, tout au fond de moi, où ce que les autres peuvent bien ressentir m’importe peu. Ce que mon corps ressent, ma propre intégrité physique, compte pour peu… C’est dire!

J’envie les personnes pour lesquelles le bdsm est une chose toute simple, du plaisir partagé au lit, par exemple. Mon bdsm est un lieu complexe de convergence entre un profond ressenti sur le plan identitaire, mon univers fantasmagorique et mon masochisme de longue date, ce que certains appellent aussi auto-mutilation, un terme avec lequel je ne suis pas vraiment d’accord. La mutilation évoque le "dommage" permanent dans ma tête et quand je me fais mal, ce n’est pas dans l’idée de me mutiler mais de soulager mon esprit qui crie, d’apaiser le tumulte intérieur. J’imagine déjà un de vos lecteurs nous faire parvenir une petite note: "élodie, pourquoi ne pas en avoir parlé avec Janus de ce qui te tourmentait?" Je vais répondre à cette interrogation naturelle tout de suite: parfois, les émotions prennent un certain temps à se laisser dompter par les mots. Le malaise, l’insécurité que certaines angoisses provoquent chez moi et l’incapacité à les nommer me rendent… hmmm… instable et le pire arrive souvent parfois avant que nous ne passions à l’étape indispensable du dialogue.

J’ai trouvé ce qui n’allait pas ce soir-là, ce qui m’a insécurisée et fragilisée au point de me pousser loin dans mes retranchements les plus sombres. Après ma crise, je me suis calmée et nous en avons discuté comme de tout l’épisode en tant que tel. Et comme à chaque fois que nous franchissons une étape dans l’intimité de notre relation et notre compréhension mutuelle, je m’estime l’amoureuse et l’esclave la plus comblée du monde entier.