État de l’union, 1re partie: l’expérience
Alors que mon élodie lutte avec ses bagages, et en attendant que la poussière retombe, je vous offre cette semaine une série de réflexions que j’ai appelée "l’état de l’union", avec un clin d’oeil au discours annuel du Président au peuple américain. Dans mon cas, il s’agit d’un retour sur ces dernières années où j’ai découvert le monde du BDSM.
Première partie: l’expérience
Il s’en est passé des choses depuis la première fois qu’une femme s’est agenouillée devant moi par soumission. Je me souviens lors de cette première rencontre où, préoccupé d’être à la hauteur, j’avais pris des notes à propos de ce que j’allais dire et faire…
À ce moment-là, je n’étais pas porté sur les jeux de corde, je n’étais pas vraiment sadique et je ne savais pas trop comment installer et faire respecter une discipline. Bref, j’étais un dominant doux qui se nourrit de la vénération de l’autre, de sa volonté à se plier à mes exigences. Petit à petit, cependant, j’ai rajouté des cordes, et pas seulement à mon arc…
Je dois dire en regardant dans le rétroviseur que je suis un peu surpris du chemin que j’ai fait depuis le fil du départ, entre autres par la sexualisation de mille et une chose qui m’apparaissaient pas vraiment excitantes… les fesses rougies… et autres marques sur la peau… l’humiliation… les jeux de toilette… J’en ai découvert beaucoup sur mon en me permettant d’explorer certains angles morts de mon érotisme. J’ai des idées de scénarios passablement corsés en tête, des images qui me stimulent maintenant, mais qui m’auraient répugnées en début de parcours… L’esprit humain est une drôle de bête, décidément!
Au-delà du simple fait de pratiquer telle ou telle activité, j’ai beaucoup gagné en assurance. Je pense qu’au début, je me faisais l’outil pour incarner les fantasmes de soumission de mes partenaires… je collais de très près à leurs attentes et leurs conceptions de la chose (tout en gardant un oeil sur mes préférences, bien entendu!). Maintenant, c’est différent. Je suis toujours à l’écoute de ce qui va faire vibrer ou réagir ma partenaire - mais je suis également plus libéré dans mon approche. Je veux dire que j’ai compris que ce qui donnera de l’impact aux gestes du Dominant ne revient pas à des gestes mécaniques, à attacher les poignets puis à donner des coups de cravache; le vrai pouvoir du Maître est de surprendre, de contraindre, de priver… Ce qui revient à dire que paradoxalement, parfois, pour faire touner la tête d’une partenaire soumise, il ne faut rien lui donner de ce qu’elle voudrait! Cette réalisation m’a fait décoller de ma préoccupation de ce que ma partenaire veut ou ressent à chaque instant, pour plutôt me mettre en contact avec mes propres désirs, et bien entendu de ce que m’inspire ma partenaire…
Je pense qu’à peu près toutes mes partenaires avaient en commun qu’elles auraient pu aller plus loin, ou qu’elle en auraient pris plus que ce que je leur demandais.
Je n’y vois pas un échec, plutôt le signe d’une certaine prudence… De un, quels que soient leurs désirs, je pense toutes n’étaient pas aptes à encaisser plus sans séquelle, même si elles en avaient été "capables". De deux, "Loin" n’est pas une destination. C’est un voyage. Et on ne peut pas aller "loin" avec des compagnons rencontrés au gré de la route. Mes partenaires sont venues, elles (ou moi) sont reparties, chacune me laissant un brin de compréhension et d’expérience avant de bifurquer.
Maintenant que j’ai ma compagne, qui sait où cela nous mènera?
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