Commentaire par Janus31/7/2008 11:46 am

Je crois bien que je ne laisserai pas mourir ce blog finalement. J’ignore si je conserverai la publication 5 fois/semaine que je tenais avant mon arrêt momentané, mais une chose est sûre… je suis de retour!

Janus 

Humain par Janus30/7/2008 8:24 am

Vous savez, depuis quelque temps, je discute beaucoup de l’échange de pouvoir total, de la soumission profonde (et ce que j’en fais/ferais), tout ça de façon réfléchie et assumée. C’est beau, c’est articulé, c’est cohérent.

Avec le mois d’août vient le début de ma cohabitation avec mon élodie… Les derniers détails avec son ex-coloc sont réglés.

Moi, je suis du côté qui reçoit. Je n’ai pas à déménager, juste à lui faire de la place. ce qui n’empêche pas que…  

Les Français diraient: J’ai les jetons. En Québécois on dirait: j’ai la chienne en sale.

Nous misons tous les deux énormément sur cette relation. Un tel investissement peut donner deux extrêmes - un fiasco monumental ou le genre de réussite qui nous fera regretter de ne pas s’être connus avant!

Je l’aime pour vrai. Elle m’inspire tellement… J’adore me laisser aller avec elle, et faire vibrer ses cordes à elle. Je pense qu’avec elle plus que quiconque, je peux vivre une relation D/s intégrale. Je pense que nos expériences respectives nous ont directement conduits l’un vers l’autre, avec un timing irréprochable. J’ai beaucoup réfléchi sur les rouages de notre relation dans sa version quotidienne, et je commence à être assez expérimenté pour éviter certains des écueils du quotidien, de la vraie vie et des relations dominant & soumise. J’ai des craintes - ne pas en avoir serait manquer de lucidité - mais j’ai beaucoup d’espoir aussi…

C’est épeurant, mais c’est exaltant aussi.

Je vous tiens au courant…  

Réflexion par Janus29/7/2008 8:42 am

Dans un de mes derniers billets, Valmont commente que certains aspects du TPE, ou plutôt une certaine façon de le vivre, relève du conte de fée.

Il a parfaitement raison - même si, comme je le rappelle dans ma réponse au commentaire, en contexte, je ne disais pas exactement les propos qu’il a cités…

Mes discussions sur les limites du TPE revenaient à essayer de faire le pont entre un échange de pouvoir qui se veut total, et l’idée apparemment contradictoire de limites, de zones qui seraient à l’abri de ce pouvoir.

On ne peut pas avoir une relation saine sans limites, et on ne peut donc pas avoir de TPE sain. Mais ce serait dommage de ternir la puissance symbolique d’un échange de pouvoir TOTAL (insérer ici éclairs et tonnerre) en ajoutant en petits caractères "avec des limites".

C’est là que le Petit Prince entre en jeu. En fait, il s’agit d’une entourloupe philosophique, d’une contorsion logique pour concilier limites et TPE (éclairs, tonnerre). 

Vous savez, durant son voyage, le Petit Prince rencontre un roi un peu ridicule qui lui ordonne de faire ce qu’il veut bien. C’est ce genre d’arrangement de convenance qui permet un échange de pouvoir à la fois total et sain. Dans notre cas, c’est un accord tacite pour ne pas ordonner ou exiger ce qui ne devrait pas l’être. Et c’est ce point qui semble avoir été mal compris, si j’en crois le commentaire. Au cas où d’autres auraient eu une réflexion similaire, je préfère préciser.

D’entrée de jeu, en tant que dominant, je ne fais pas partie du nombre de ceux qui voient les limites comme quelque chose à bulldozer à la première occasion. Les limites sont là pour de bonnes raisons, et ce serait trahir sa partenaire, son complément que faire comme si c’étaient de simples caprices à ignorer. Secundo, je ne vous l’ai pas dit, mais mon élodie a très peu de limites dures formelles - raser les cheveux, manger du caca, les trucs illégaux (prostitution, zoophilie) et le fait de transférer sa soumission à un autre. De toutes ces choses, aucune ne m’intéresse, même de loin. D’entrée de jeu, donc, les chances que je transgresse ses limites dures sont inexistantes!  C’est plus facile de parler de TPE dans ce cas-là. ;)

Cela dit, elle a aussi un tas de zones qui ne sont pas des limites dures, mais qui lui inspirent crainte et dégoût. Je vais sans aucun doute jouer sur certaines de celles-là graduellement, patiemment au fil des mois et des années. Je ne les considére pas comme des défis à mon autorité, mais comme des rampes d’accès à des zones nébuleuses ou sensibles de la psychologie de mon esclave. En d’autres termes, ça n’est pas parce qu’elle a indiqué dans son questionnaire de limites qu’elle accepterait des anneaux sur le sexe ou un gangbang (Acceptation = 0, excitation 3 et 4, respectivement) que je devrais immédiatement mettre ça en oeuvre. Mon élodie m’est chère. Et je n’ai pas envie de la mettre sur un coup de tête dans une situation difficile juste pour le kick… et ensuite, quoi? Me moquer d’elle, la gronder, la châtier si elle ne suit pas la cadence? Le fait est qu’élodie ne sera jamais O, et c’est tant mieux (même dans un monde fictif, si ma compagne se retrouvait à Roissy, je m’évertuerais à l’en faire sortir pour la garder pour moi, nah).

C’est dans ce contexte qu’on doit comprendre mes réflexions sur le TPE (ici et ). Lorsque je dis que les limites sont entre les mains du dominant, s’il s’en sert seulement pour les transgresser ("notre échange est total, nyah nyah!"), je le qualifierai sans hésitation de clown au mieux, de danger public au pire. Mais dans ma version de l’échange de pouvoir, qu’élodie et moi visons à être total, je me fais le gardien de ses limites. Oui, si nous poursuivons notre lancée, j’aurai le pouvoir absolu sur sa personne, mais j’ai aussi la responsabilité de sa santé physique et mentale. Nonobstant le fait que je n’en ai pas envie en premier lieu, bouffonner avec ses limites serait trahir cette responsabilité.

C’est ni plus ni moins ce que je voulais dire par "la gestion des limites appartient au dominant". Dans le cadre d’un TPE, ça n’est plus tant une exigence de la soumise qu’une responsabilité sacrée du dominant. Fonctionnellement, si vous pensez que c’est la même chose, peut-être n’avez-vous pas tort: c’est une distinction sans différence. Mais ça permet de parler d’échange de pouvoir total avec éclairs et tonnerre, et rien d’autre!

J’irai plus loin en ajoutant, mesdemoiselles, que si jamais quiconque prétexte de l’autorité qu’il a sur vous pour dépasser vos limites dures, qu’il est de votre devoir de vous enfuir aussi vite et aussi loin qu’il vous est possible. C’est le signe clair que vous avez affaire à un clown - ne le laissez pas devenir un danger public à votre dépens.

[Je finis en remerciant Valmont pour son commentaire. J’apprécie les pistes et occasions pour clarifier ma pensée!] 

 

Réflexion par Janus26/7/2008 11:09 am

Les idées d’un rapport dominant/soumise consensuel est l’une des idées maîtresses de l’échange de pouvoir érotique. À peu de choses près, on peut le résumer comme suit: la personne soumise offre au dominant un consentement "en bloc" dont le dominant dispose à sa guise, en respectant les limites de la soumise (et idéalement, ses attentes et excitations également).

Les règles du jeu sont claires. Pourtant, le temps et la complication des relations peut jeter rétrospectivement une autre lumière sur les activités qui font partie du "bloc"…

J’ai déjà entendu sur un site de clavardage comment Maître untel était un méchant crackpot parce qu’il avait donné une centaine de coups de palette à sa soumise, qui a eu le cul bleu pendant des jours et des jours ensuite. La centaine de coups était, paraît-il, largement plus que ce qu’elle recevait ordinairement.

Autre cas: une jeune soumise en début de parcours passe quelques semaines avec un dominant sadique et, hum comment dire… enthousiaste. La soumise a encaissé des dizaines de coups de canne, et a quitté cette relation peu après, claironnant à hue et à dia comment le Maître en question était un dérangé.

Je le reconnais: j’ai sympathisé lorsque la seconde m’a raconté. C’est une autre partenaire de l’enthousiaste de la canne qui a replacé l’épisode en perspective. 

Après avoir pris connaissance du récit de ce "monstre", elle a demandé, tout simplement… "est-ce qu’elle a utilisé le safeword?"

La réponse était non. "Alors, où est le problème?"

J’ai réalisé qu’elle avait parfaitement raison. Ce ne sont pas les dominants qui méritent d’être traités de fous pour avoir joué selon les règles, mais de façon plus intense que les soumises s’attendaient; ce sont les soumises qui n’ont pas pris en main leur responsabilité en arrêtant une séance au moment où leurs limites étaient traversées. La nature du BDSM fait que nous jouons souvent avec la frontière délicate du jusqu’où aller trop loin, comme disait Cocteau. D’où l’importance d’une communication sans délai!

Mais là, après avoir laissé faire tout ça sans se manifester… elles peignent un portrait de leur partenaire comme si c’étaient lui l’irresponsable!

Tout ceci m’a démontré que jouer selon les règles ne suffit pas toujours… et que le consentement donné en bloc peut très bien être revu à la pièce, surtout une fois la relation finie…

Je ne dis pas que les doms en question n’auraient pas pu être plus sensibles à ce qui vivaient leurs partenaires. Mais si ces dernières n’expriment pas ce qu’elles vivent, comment le savoir?

Une soumise qui semble passer un mauvais moment indique qu’elle vit quelque chose de dur; peut-être que ça l’excite profondément et qu’elle recherche ce genre de sensation.

Une soumise dont on dépasse les limites d’endurance sera indissociable d’une soumise qui passe un mauvais moment "positif". D’où l’importance pour les soumises et autres bottoms de prendre leurs responsabilités, plutôt que se contenter de blâmer lorsqu’il est trop tard!

Et tout ça ne dit rien sur ces relations dominant / soumise merveilleuses et exaltantes dans l’action qui, une fois finie, se transforment rétroactivement en relations abusives et malsaines…

Réflexion, Humain, élodie par Janus19/7/2008 8:35 am

Mon esclave et moi avons choisi de vivre ensemble.

Elle aménagera dans sa nouvelle résidence - et son nouveau rôle! dans quelques semaines.

Je ne manquerai pas de vous en parler! C’est donc à suivre…

Réflexion par Janus10/7/2008 2:53 pm

Est-ce que c’est moi ou lorsqu’on lit des profils de soumises en couple, que ce soit dans des sites de rencontres ou sur leur blog, on retrouve toujours la même rengaine?

"Je suis [nom de la soumise], et j’appartiens à [untel] corps et âme. Je suis sa chose, son esclave, sa chienne, et il me comble parfaitement à tous les égards." 

Bon, je résume, et évidemment cette formulation précise est de moi. Mais à toujours lire ça, je comprends plusieurs femmes de fantasmer sur ce genre de lien tout-puissant…

Après quelque temps dans le voisinage, cependant, on en vient à réaliser que ces trucs-là sont souvent écrits à la première semaine de la relation… qui se termine souvent trois mois plus tard.  

Réflexion par Janus9/7/2008 8:03 am

L’échange de pouvoir total, aussi total soit-il, a une limite importante.

Si elle ne trouve pas son compte, l’équilibre finira par basculer rapidement.

J’utilise l’expression "trouver son compte" sciemment, parce que pour une masochiste assez engagée pour se donner corps et âme dans une relation de soumission complète, ça n’équivaut pas nécessairement au conte de fée…

De deux choses l’une: elle va trouver son compte de façon "positive", c’est-à-dire qu’à travers sa soumission, elle trouvera bonheur, paix d’esprit, et croissance personnelle…

Ou elle va trouver son compte de façon négative, et l’échange de pouvoir lui coûtera son bonheur tout en nourrissant son masochisme…

Si une soumise veut d’un échange de pouvoir total, et que son désir est basé sur une relation qu’elle connaît déjà, il y a fort à parier qu’elle trouve déjà son compte.

C’est au dominant - qui, ici, peut briguer le titre de Maître - de jouer à l’équilibriste entre le désir consenti de sa partenaire de tout faire, tout être pour lui, et ce qu’il fait de ce merveilleux don. Parce que si ses exigences sont destructrices pour la soumise-esclave… Les chances sont bonnes que cette dernière les accepte et y réponde néanmoins.

Cela rejoint ma réflexion précédente sur le fait que dans un TPE, les responsabilités et la gestion des limites repose carrément du côté du dominant.