Réflexion, Humain par Janus30/5/2008 6:02 am

Le titre de mon blog le dit: je suis amoureux et dominant. Ces jours-ci, vivant avec ma douce élodie, je peux être les deux tour à tour. Nous profitons à toutes occasions des excellents restos de son coin pour des sorties romantiques, mais dès que j’en ressens l’envie, je m’enflamme, en use et en abuse. Décidément, lorsque l’amoureux et le dominant sont également choyés, que peut-on demander de plus?

Sur ces simples paroles, je vous souhaite une bonne fin de semaine. Je sais que j’en passerai une excellente!!  

Réflexion par Janus29/5/2008 6:54 am

C’est amusant de constater comment exactement les mêmes gestes peuvent avoir une portée et un effet diamétralement opposés lorsqu’on discipline une esclave.

Lorsque je frappe élodie, lorsque je la gifle, je la trouve toujours toute mouillée après - d’autant plus que j’ai été dur. Or, durant la première partie de sa punition, je l’ai gifée et frappée (je sais que la coquine à néanmoins mouillé), mais mes invectives et mes injures quant à sa faute l’ont fait pleurer à chaudes larmes.

La seconde partie consistait à la couvrir d’urine et de crachats en lui rappelant sa faute et ce qu’elle signifiait pour moi. Ici encore, en temps normal, cela excite son plaisir pervers, son envie d’être salie par son Monsieur, mais là, elle a sangloté jusqu’à ce que la lave rituellement, enlevant ses souillures avec tendresse, et elle a continué à pleurer dans mes bras longtemps après.

Pendant qu’elle écrivait un texte récapitulatif de ce qui s’était passé sur le plan de notre lien, le troisième jour, elle s’est encore mise à pleurer, confrontée à ses hésitations, ses blessures. Évidemment, en la forçant à s’exprimer sur son relatif échec, je l’ai confrontée une dernière fois…

Une fois tout cela fait, je lui ai enfilé son collier, lavé de tout faux pas, pour la recevoir comme mon esclave adorée à nouveau. Et je n’ai pas eu le choix de constater comment, selon le ton et le contexte, les mêmes choses - douleur, souillures, rédactions - peuvent être source de plaisir ou de honte.

Je ne comprends pas mieux les soumises, mais j’ai un peu mieux saisi comment cette soumise-ci peut être sensible à l’expression de mon déplaisir.  

Réflexion par Janus28/5/2008 8:04 am

élodie est une partenaire hors pair, une soumise obéissante, une esclave dévouée. Comme plusieurs recherchant à vivre sous le joug d’un dominant, elle a cependant quelques noeuds émotionnels ancrés dans son passé qui lui font traverser des périodes à fleur de peau. Alors que nous étions à distance, elle a décidé - pour une rare fois - de contrevenir à l’une de mes instructions, en fait enfreindre un protocole quant à la façon de traiter et respecter son collier symbolique. La distance et nos emplois du temps ne nous permettaient pas de gérer cette punition jusqu’à tout récemment; c’est l’une des premières choses que j’ai traitées lors de mon arrivée chez elle.

La punition avait trois parties: la première était physique, la seconde émotive, axée sur l’humiliation, et la troisième réflexive pour revenir sur le "pourquoi" de son geste. Elle a pleuré à chaudes larmes pour chacune, ce qui m’indique à la fois qu’elle se repent de son geste hâtif… et que la sanction a touché son objectif. 

La suite demain!  

Réflexion, Récits par Janus27/5/2008 6:59 am

Pour souligner la fête de ma précieuse élodie, j’ai déniché quelque chose qui est tout à fait elle: un rosebud, un petit bijou en acier inoxidable. Quel genre de bijou? Il a la forme du pique d’un jeu de cartes, à peu près 4 centimètres; la partie bulbeuse est faite pour qu’on l’insère dans l’anus, et la base étroite fait qu’elle y reste. Contrairement aux boules de geisha qu’elle porte souvent, le rosebud ne fait pas oublier sa présence aisément, quoiqu’il soit généralement confortable (le titre de ce billet est donc une fausse piste!).

Je lui ai offert un cadeau de grec, comme on dit… quelque chose pour elle, mais au fond, dont je peux jouir autant.

Et je ne me laisse pas m’oublier, même lorsque la vie nous sépare…  

Humain par Janus26/5/2008 4:36 am

Finalement, un petit tweak aura eu raison des réticences du réseau d’élodie: Janus continuera donc durant mon petit changement de contexte! Si jamais les mises à jour s’interrompaient - qui sait? - je garde toute de même l’adresse présentée dans mon dernier billet comme solution de dernier recours. Je vous invite à le consulter le cas échéant.

Je suis donc chez ma chère esclave pour quelque temps, moi qui jusque là n’y était passé qu’une seule fois en catimini.

Je profite de notre cohabitation différente de celle en mon royaume (si on peut appeler mon logement ainsi!) pour lui permettre de me prendre par la main et de me guider dans le sien: des marches dans les rues de son quotidien, des bonnes bouffes dans les restos du coin,  même une visite à son école où j’ai rencontré quelques collègues et enseignants, certains dont j’avais entendu parler et qui ont maintenant un visage… C’est toujours amusant d’être présenté comme son copain ou son amoureux, tout en sachant tout ce qu’ils ignorent de leur côté quant à la nature profonde de notre relation…

Dans les jours suivants, je vous entretiendrai de deux moments saillants de notre (longue) fin de semaine: une punition qu’elle me devait, et que je gardais en banque pour ce moment-ci (que je ferai sans doute suivre d’une réflexion sur comment l’intention punitive change du tout au tout les gestes qui sont posés), mais d’abord, je vous dirai quelques mots demain sur le cadeau que je lui ai offert pour son anniversaire… après qu’elle ait été lavée de son erreur par la punition, bien entendu.

C’est donc un rendez-vous!  

Réflexion par Janus21/5/2008 7:27 am

Bonjour à tous mes fidèles lecteurs!

Aujourd’hui, je vous offre un triplé: en plus de ce billet, vous pourrez lire un texte d’élodie et une dernière petite réflexion sur le TPE.

Depuis le mois d’août dernier, sauf exception, je vous ai servi 5 mises à jour par semaine. J’aimerais que ça continue.

Cependant, le temps est venu pour moi de prendre quelques semaines de vacances. En fait, je vais m’installer chez mon esclave qui, vous le savez, ne demeure pas dans la même ville que moi. J’ai décidé de changer la routine: alors que c’est elle qui me rejoint ma majeure partie du temps, nous profitons d’une absence de ses colocs pour renverser la tendance.

Pour tout vous dire, élodie a toujours eu des problèmes à accéder à ce site en tant que rédactrice. Je ne sais pas si, une fois rendu sur place, je réussirai à faire mieux. Au cas où, nous avons la confirmation que Blogger n’a pas ce genre de problème. J’ai donc installé un blog transitoire là-bas, question que vous puissiez continuer à me lire même si je n’ai plus accès à celui-ci…

http://voyagesdejanus.blogspot.com/

Dans le meilleur des cas, il n’aura pas à servir… mais je préfère prévenir que perdre la cadence (ou plutôt: mes lecteurs pendant ce temps)!

Je veux aussi vous dire que je recopierai tous ces messages sur ce site une fois de retour. À lundi prochain!

Réflexion, élodie par élodie 7:26 am

Avec les réflexions sérieuses et ressenties sur la possibilité d’un TPE, les notions de transparence et d’obéissance sont revenues fréquemment à l’avant-plan de nos discussions et bien que mon amour-Maître et moi nous entendions à merveille sur le plan théorique, dans la pratique, c’est de mon obéissance dont il s’agit et parfois, ma foi, tout ne se fait pas sans heurts.

J’avais le goût d’aborder certaines des stratégies de résistance de la soumise par rapport à l’autorité. Loin de moi l’idée de dire que ces stratégies sont désirables ou brillantes, mais elles existent et font partie des mécanismes de défense naturels que le Dominant doit apprendre à déceler, et la soumise, à éviter en faisant confiance à son Maître pour trouver les alternatives qui conviennent.

Il est entendu que dans le cadre d’un échange D/s qui dépasse la chambre à coucher, et plus encore, dans un TPE, le pouvoir de la soumise est réduit à néants, ce qui est bien sûr désiré et très excitant, mais aussi, source de tension, notamment, dans la définition identitaire de la soumise. Le fait de choisir soi-même les limites et de rechercher ou d’éviter selon nos besoins et nos désirs nous permettent de nous définir en tant qu’êtres humains, du moins, c’est comme cela qu’on a appris. Lorsque la marge de manœuvre est réduite à presque rien, le sens de « soi » est d’autant fragilisé et les petits assauts du quotidien en appellent parfois à la résistance.

La première stratégie est la désobéissance invisible, c’est-à-dire, fauter mais sans qu’il soit possible pour le Maître de voir qu’il y a eu un manquement et qui plus est, sans que cela soit trop culpabilisant pour la soumise. Pour tirer un exemple de mon expérience, je passe plusieurs journées par semaine loin de mon Amour-Maître. Il m’a offert un magnifique collier que je porte aussi souvent que possible, avec ordre de l’enfiler et de le retirer en m’agenouillant et en saluant. Lorsqu’il m’a irritée, il m’est arrivé de l’enlever simplement sans faire de rituels d’adoration… Puis, comprenant que ce manquement explicite à son ordre ne pouvait être toléré, j’ai entrepris de ne pas enfiler mon collier du tout, en gage de manifestation silencieuse. Il ne me demande jamais si je l’ai mis, ni de rapporter ces manquements, alors ce petit espace me permet d’exprimer ma frustration… Bon, avant aujourd’hui… ;) Ce genre de stratégie serait aussi celle de la soumise qui fait le ménage en évitant un coin ou de celle qui se fait jouir une fois en cachette.

La deuxième stratégie est la déflection mentale, c’est-à-dire, obéir dans les gestes, mais donner tort au Maître dans sa tête, le tourner en ridicule, se moquer, argumenter et se donner raison, sans qu’il soit possible pour le Maître de se justifier et de défendre son point, ce qui garantit une victoire facile, bien que peu satisfaisante… Mais lorsque nous pouvoir est réduit à rien, cela semble beaucoup. Je me souviens avoir pensé les pires horreurs en toute impunité, ou juste de petites, et le temps que la punition ou la corvée soit terminée, ma colère était passée et j’étais redevenue la soumise aimante qu’il connaît, donc je ne sentais pas le besoin de devenir sur mes sombres pensées. Cet exercice mental accompagne souvent la désobéissance invisible et la nourrit.

Il existe aussi d’autres stratégies plus ouvertes, comme le déversement émotif (on se met à pleurer toutes les larmes de son corps dans le but d’attirer la pitié et l’empathie) et la culpabilisation ou même le chantage affectif, mais parce qu’elles sont évidentes et en confrontation directe avec la figure du Maître, elles demeurent moins utilisées et presque systématiquement punies. Étant plus visibles, elles sont aussi moins pernicieuses.

Pour mon Amour-Maître, ces stratégies invisibles ne peuvent qu’être des accrocs à la transparence qu’il exige de moi et je ne souhaite pas me défendre, outre mesure, sinon qu’en empruntant aux théoriciens des rapports d’autorité qui soulignent que ce genre de tactiques, strictement confinées, sont l’expression ultime d’un rapport d’autorité qui fonctionne plutôt que sa négation. Pour prendre un exemple facile, la plupart des enfants font leurs mauvais coups en cachette, par peur de représailles de la part des parents, et à l’adolescence, une grande partie de la rébellion est ouvertement vécue sous le regard parental, en signe d’affranchissement et de défiance. Ce n’est pas parce que l’enfant fait des mauvais coups en cachette qu’il nie l’autorité parentale, au contraire, il les fait en cachette parce qu’il y croit.

Réflexion par Janus 7:26 am

À lire mes derniers messages, on peut soulever que je semble moi-même être tombé dans la rhétorique que je décriais il y a peu, cette idée que le quotidien du Maître est lourd de responsabilités, que c’est une tâche plus que d’autre chose…

En fait, autant mettre cartes sur table: même si je m’engage sur ce parcours après moultes réflexions éthiques, il reste que la fonction essentielle d’un rapport D/s reste le plaisir; pas seulement le plaisir sexuel d’user et d’abuser de la chair d’une femme qui ne demande qu’à être mon esclave, mais aussi la complicité et l’intimité profondes que peuvent découler d’une connaissance de soi et de l’autre érigées en mode de vie…

Tout plaisant que cela soit, cela ne signifie pas de tout prendre à la légère, loin de là. Au contraire, asseoir notre mode de vie peu commun et nos perversions personnelles sur une réflexion poussée permet d’avancer pas à pas en tâtant la solidité de nos assises. Ce qui permet en quelque sorte de plonger en meilleure connaissance de cause!  

Réflexion par Janus20/5/2008 5:23 am

Mais l’idée qu’on puisse vouloir remettre entièrement son pouvoir décisionnel à quelqu’un d’autre et vivre en esclavage volontaire est l’une des raisons qui me font dire que je ne comprends pas les soumises. Mais ne pas les comprendre ne m’a jamais empêché de jouer avec leurs penchants, loin de là!

Dans ce cas-ci, c’est bel et bien le désir de ma partenaire qui m’y conduit. J’ai comme philosophie de la domination de leur laisser le soin de délimiter mon terrain de jeu, puis de m’en prévaloir selon mes désirs. Dans la mesure où une certaine correspondance existe entre moi et elle, cet arrangement est souvent un bon point d’équilibre.

Or, élodie a tôt fait de me signifier son rêve d’esclavagisme, et pour tout vous dire, il était manifeste dès nos premières fréquentations que nous glissions vers du jeu permanent, ce qui deviendrait du 24/7 éventuellement, lorsque nos vies seraient assez alignées pour habiter ensemble. De plus, elle a le don d’éveiller chez moi des pulsions dominantes dans leurs plus belles formes, ce qui me rend très disposé à prendre autant qu’on m’offre.

Je ne suis pas assez inconscient pour penser que ça se fera d’un coup de baguette magique ou sans heurt, jamais. De un, il faut trouver un équilibre capable de nous satisfaire tous les deux, à l’intérieur des paramètres que le TPE définit; de deux, il est important à veiller à ce que le TPE ne devienne pas une corvée pour moi, ce qui serait un indice que ce mode de relation me convient moins que je le croyais. De trois, pour que ça ne soit pas une simple relation D/s portant une étiquette TPE, il me faudra utiliser un contrôle effectif et restrictif sur elle et ses activités. Bref, même si on pourrait croire qu’exiger ce qu’on veut comme on veut quand on veut est une simple affaire, vouloir le faire à très long terme est peut-être plus compliqué que ça en a l’air…

Réflexion par Janus19/5/2008 6:47 am

Je lisais, toujours dans mes recherches sur les représentations de l’échange de pouvoir total ou TPE, des opinions contradictoires par rapport à la question sacro-sainte des limites dans une relation BDSM qui se veut "totale".

D’un côté, certains disent: "comment ça peut être total s’il y a des limites?"

D’un autre côté, d’autres soutiennent: "comment peut-on s’assurer que ça demeure sain et sécuritaire sans limites?"

Je pense que l’équilibre du TPE se situe entre les deux. N’oubliez pas qu’une soumission de cette ampleur ne se fait ni du jour au lendemain, ni avec le premier venu - c’est pourquoi, malgré notre amour et notre attachement réciproque intense, je ne considère pas qu’élodie et moi y soient, mais plutôt que nous y tendons progressivement. Or, un engagement dans le TPE implique une l’installation d’une confiance aussi totale et d’une communication limpide. Lorsqu’on parle d’une confiance totale, ça veut dire que les limites et leur respect se transforment par rapport à une relation D/s "normale" (si une telle chose existe). Alors que les limites sont une protection de l’intégrité et la santé mentale de la soumise en tant que frontières à ne pas traverser, dans un échange de pouvoir total, c’est le dominant qui s’en fait le gardien. Je veux dire par là que par la signature du chèque en blanc de sa personne, la soumise-esclave remet le respect de ses limites entre les mains de son Maître-dominant. Évidemment, s’il est digne de la confiance qui est mise en lui, il ne fera pas le clown en les transgressant au bulldozer. Mais pour les limites comme en toute chose, c’est lui qui a le contrôle et qui détient le dernier mot.

Une réflexion similaire peut être faite pour les safewords. Dans un TPE, les mots-veto peuvent dire "je ne me sens pas bien", "je ne peux plus continuer", "j’ai peuuuuuur", comme dans toute relation D/s. Mais un Dominant "total" qui s’est assuré ne pas avoir affaire à une défaillance médicale ou à un cas clinique, à mes yeux, pourrait bien choisir de continuer après l’usage d’un safeword, entendu que ça ne serait pas cavalièrement, mais un choix basé sur la totalité de la connaissance de sa partenaire et ses limites. Cela dit, personnellement, je choisis néanmoins d’accorder une écoute sérieuse à tout usage de safeword - quelque chose de rare dans mon parcours, précisément parce que je suis aux aguets lors des moments corsés, et que je n’y joue jamais sans une solide connaissance de ma partenaire, ses réactions, sa tolérance.

Je dirais que les limites et les safewords, dans un TPE, ne sont plus les frontières infranchissables au même sens que dans une relation D/s moins totale.

Mais cela n’impique pas qu’elles seront nécessairement franchies, si le dominant est responsable, et donc digne de la confiance mise en lui.