Je suis un drôle d’animal; si vous me lisez depuis un moment, vous en êtes sans doute déjà convaincu.
Si j’ai mis en questions la notion d’orientation sexuelle appliquée au BDSM, c’est parce que je me reconnais peu dans cette idée, contrairement à élodie. Je comprends toutefois que pour elle, le BDSM peut réellement être vu comme une orientation sexuelle de par la portée qu’il a sur sa personne et son érotisme. Ces gens-là qui, comme les jeunes précocément conscients de leur attirance homoérotique, vont soutenir que ça fait partie d’eux, donc que c’est dans leur chair.
C’est lorsqu’on est confronté à des cas comme moi où les choses sont moins tranchées qu’on se demande si cette grande catégorie tient nécessairement la route.
Si vous revenez à l’analyse de mes propos, vous constaterez que la façon dont je vous parle de mon érotisme s’est transformé depuis la fondation de ce blog.
Lorsque j’ai commencé à l’écrire, je sortais d’une relation intéressante mais pénible par moment, où je devais régimenter le moindre aspect de la vie de ma soumise, qui ne voulait ou ne pouvait le faire elle-même. En couple avec l’esclave parfaite, mon énergie était investie à l’autonomiser. J’ai donc soupé des jeux d’autorité et d’appropriation; c’est pourquoi j’étais plus axé kink et rough sex durant ma période sandrine… si vous revenez à décembre 2007, vous lirez que les fantasmes de domination sous forme de mode de vie sont revenus en grande… Bref, que mon rapport au D/s était fluctuant, voire malléable considérant que d’une partenaire à l’autre, je me permets de me laisser inspirer par ce qui l’énergise…
Qui plus est, lors de mon recul durant le temps des fêtes, j’ai réalisé que même si le BDSM est en soi un domaine vaste et stimulant, depuis ma plongée dans le lifestyle, j’avais peut-être perdu de vue les aspects de mon érotisme qui s’écartaient du B, D, S, M…
Donc, à quoi ressemblerait ma propre orientation érotique? (élodie, prend des notes…) Je réponds en fonction des dimensions que j’ai mises de l’avant hier.
Vers quel sexe vont mes préférences? Je suis strictement hétérosexuel. Les légères attirances envers des hommes étaient beaucoup plus des "kicks" sur des gars que je respectais énormément, qui se sont rapidement estompés; je n’ai jamais désiré de contact sexuel avec un homme (quoique j’ai déjà réfléchi sur ce que m’inspirerait le jeu avec un homme, même dans ces méditations, c’était un BDSM sans sexe qui jouait sur la frustration du gars). Bref, comme disait la chanson: Girls, girls, girls.
Qu’est-ce qui me stimule particulièrement chez ma partenaire? Les cheveux longs et raides, le maquillage (particulièrement des yeux), et TOUS, je dis bien TOUS les accessoires féminins - de la barrette aux orteils vernis. Je me suis amusé de noter que je trouvais sexy les femmes qui portaient un sac à main. J’aime une femme qui sait bien s’habiller et se coiffer, et transmettre une image différente de fois en fois selon ses (et mes!) désirs. Je suis à l’affût des tendances mode féminine; mon ex vient prendre conseil avant de magasiner, c’est dire… Je suis aux antipode des autres hommes: après 1h où mademoiselle se prépare, je suis du genre à dire "je pense ton autre rouge à lèvres ferait mieux, va le changer!" Drôle d’animal, je l’avais dit!
Ce que j’aime faire avec…: prendre des photos, faire des films, tout ce qui touche l’anal, jouer avec mes fluides, gifler, y aller durement… mais aussi prendre soin, caresser, caliner, embrasser langoureusement. J’aime la laisser émue, que ce soit par tendresse ou par cruauté.
Mon rapport de prédilection: évidemment, être dominant. Mais pas "dominant ferme ta gueule" à la base. Je serais mal à l’aise dans une relation qui ne serait pas chaleureuse, connectée. J’aime aussi que le rapport de ma partenaire à moi inclue du respect, de l’admiration, de la dévotion. Parce que ma relation idéale n’implique pas moins de mon côté, bien que sous un mode dominant.
Quelle énergie me nourrit? Deux axes. Premièrement, le désir de plaire. Pas "je ferai tout ce que tu veux"; plutôt, comprendre et m’approprier l’érotisme de ma partenaire et en jouer comme d’un instrument, la laissant haletante et la tête qui tourne! Deuxièmement, la domination me permet de me mettre en contact plus étroit avec des pulsions qui m’ont pris des années à apprivoiser et à mettre de l’avant, afin d’arriver à cet état où je déconnecte et me sers simplement, en faisant abstraction de mes préoccupations d’être correct… Bref, lorsque l’humain, l’animal, le dominant se fondent en un… lorsque je sens l’énergie qui m’habite prendre la forme d’une avalanche, puissante, inarrêtable… C’est une énergie qui était verrouillée en moi, mais dont le BDSM s’est avéré être la clé… Et que je continue à libérer de mieux en mieux!