Réflexion par Janus30/4/2008 6:18 am

Aujourd’hui, je veux attirer votre attention sur cet article, selon lequel un chauffeur de taxi de l’Ouest canadien voudrait faire valoir que lui refuser un travail sur le compte de sa sexualité BDSM est une discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Quelques jours à peine après m’être entretenu sur le sujet, on peut dire que c’est d’actualité, en ce qui a trait à ce blog.

Malheureusement, on ne trouve pas l’article original, de sorte que les sources ne peuvent pas être vérifiées. Ce sera intéressant si le débat est amené au tribunal… 

Réflexion par Janus29/4/2008 7:03 am

Si tu me laisses exiger et prendre tout ce que je veux, esclave, tu pourras me demander tout ce que tu désires.

Réflexion par Janus28/4/2008 5:27 am

À voir ici et là les animaux se réveiller, à surveilller la verdure qui ressort progressivement, c’est maintenant indéniable: après un hiver avec des précipitations record, le printemps est là!

Qui dit printemps dit réchauffement, et à ce que l’on dit, en mai fait ce qu’il te plaît. Le proverbe dit: l’hirondelle ne fait pas le printemps.

Et bien mon printemps à moi est fait de camisoles et de jupes courtes! 

Réflexion, Humain par Janus25/4/2008 5:45 am

Je regarde les près de 200 billets publiés à ce jour avec une certaine fierté. Tous ne sont pas du grand art, mais beaucoup ont été une bonne occasion de réflexion. J’ai appris à mieux me connaître en pensant à voix haute (et peut-être plus important, à me faire connaître par élodie), tout en vous prenant pour témoins.

Je vous ai parlé de livres que j’ai lus sur le BDSM. L’un d’eux était le collage des travaux d’un chroniqueur (The compleat slave). Je commence à penser qu’à ce rythme, il me suffira moi aussi de colliger un "Best of Janus", à les relire et paufiner avant de soumettre le tout à un éditeur dans quelques mois ou années… Pas à pas, on gravit les plus hautes montagnes, et il m’amuse de penser que j’écris un livre à raison de quelques pages chaque jour… sans même essayer. Le travail que je fais ici par plaisir ajoute une brique, cinq fois par jour, à une totalité qui dépasse la somme de ses parties…

Merci de me lire. Ça me fait plaisir d’écrire pour vous.

 

Janus 

Réflexion par Janus24/4/2008 8:00 am
Je ne sais pas exactement d’où ça vient, mais depuis que j’ai discuté du fait que ma cruauté a un sexe, je ressens une curiosité envers le jeu avec un homme qui est carrément inédite… Je ne crois pas que de tels jeux impliqueraient du sexe, mais qui sait une fois dans le feu de l’action… Ce qui me surprend le plus, c’est que je suis tombé sur un profil d’un jeune homme qui cherchait une première expérience de soumission avec "un homme, une femme ou préférablement un couple" qui a piqué ma curiosité. Je l’ai contacté avec un message disant "C’est ton jour de chance"… Le dialogue est ouvert, mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Voyons la suite!
Réflexion par Janus23/4/2008 7:25 am

Pour élaborer sur mon billet d’hier, il peut être intéressant de définir ce désir qu’annulerait la pornographie… En fait, j’y comprends que le désir suscite une excitation qui est qualitativement différente de l’excitation fournie par la pornographie. Lorsque je pense au désir "érotique", je me représente la corde d’un arc que l’on tend laborieusement, mais qui reste tendu; cette tension peut nous propulser jusqu’au bout du monde par sa force et sa constance… C’est le désir érotique, mais aussi le désir amoureux.

Le non-désir que Marzano impute à l’excitation pornographique pourrait équivaloir à prendre soi-même la flèche et la projeter au loin; c’est instantané, et la tension n’est là qu’au moment du geste lui-même… mais il est vrai que la flèche ne couvrira qu’une fraction de la distance de celle tirée à l’arc…!

Réflexion par Janus22/4/2008 7:05 am

Je me suis peint comme pornophile dans ces billets, et je le suis encore. Mais je suis en train de repenser mon rapport à la pornographie. Ça fait des années que je m’intéresse à la question - non seulement à des fins de stimulation! Le dernier livre que je lis sur le sujet s’ouvre sur une opposition assez généralement reconnue, mais jamais bien définie: l’érotisme et la porno. Mais qu’est-ce qui les distingue?

Une de mes profs disait: "la qualité du papier". Étant donné que la porn hard existe désormais aussi avec glamour, sa distinction ne tient pas.

"L’érotisme, c’est beau, c’est ce que j’aime. La porno c’est sale, ça m’écoeure". - Bref, la porno, c’est l’érotisme des autres…

Dans son livre "La pornographie ou l’épuisement du désir", Michela Marzano dit que c’est rien de moins que la représentation de l’humain qui distingue les deux domaines. L’érotisme serait, selon elle, une représentation du "corps érogène, le corps unifié où le désir se réalise, le corps réel qui n’est pas réductible à l’objet partiel d’une satisfaction personnelle. Celui de la pornographie est le ‘corps/objet’ partiel, un corps éclaté en morceaux, qui n’a plus aucune unité". Bref, le corps érotique reste personnel l’être humain qui peut être touché et toucher, physiquement ou psychologiquement; la porn, elle, transforme l’individu en queues, orifices, fluides, réduisant la personne à une simple mécanique, et la femme à des trous qu’on envahit.

Je n’en suis encore qu’à l’introduction, mais le titre du livre suggère que l’essai de Marzano conduira à dépeindre la pornographie comme la satisfaction brute d’un désir qui n’a pas le temps d’être, comme tout est offert sans préambule ni détours (vous savez, du genre qu’on rencontre dans des vraies relations avec des personnes complètes). Bref, qu’en l’assouvissant avant qu’il se présente, la porno annule le désir en lui substituant un simple support à orgasme.

Je vous en reparlerai sans doute au fil de mes lectures! 

 

Réflexion par Janus21/4/2008 6:35 am

Discussion avec élodie…

Elle note que le SM implique soit de faire mal à qui on aime, soit de se faire humilier et tourmenter par lui.

Pour elle, il y avait une contradiction; moi, je me suis exprimé sur le fait que même lorsque je claque, je mors, j’humilie, je ne perds pas de vue que ça se transformera tôt ou tard en excitation, en plaisir… or, pour elle, l’humiliation n’est pas moins humiliante, et la douleur non moins cuisante. Je pense que c’est pour cette raison qu’elle voit cette contradiction qui ne m’avait  jamais encore posé problème…

La distance que je prends par rapport aux sévices (érotiques!) que j’impose me permet justement de me laisser aller à lui imposer ce qui la satisfait en bout de ligne; si j’étais obnubilé par mon amour protecteur, non, je ne me laisserais pas aller à ce sadisme qui m’excite néanmoins. Mais ça ne serait pas aussi intéressant, n’est-ce pas?

 

 

Réflexion par Janus18/4/2008 6:53 am

Au fil d’une discussion avec élodie, je suis tombé sur une réalité que j’avais oubliée lorsque je traitais de la question de la cruauté.

Lorsque je me suis trouvé dans des relations qui péréclitaient, à mesure que je réalisais que je ne serais pas éternellement avec cette partenaire, j’ai toujours tendu à me montrer moins dominant.

Pourquoi?

Parce que je sais comment la soumission est un signe de confiance et d’abandon. Et qui dès que je commence à vouloir me retirer, j’ai l’impression de trahir cette confiance. Donc je ne me permets plus d’exiger, ni d’être cruel.

Qui aime bien châtie bien, dit le proverbe. Dans mes relations, la cruauté serait-elle signe de santé?

 

Bonne fin de semaine à tous, je vous souhaite un printemps resplendissant! 

Réflexion par Janus17/4/2008 7:53 am

Je suis un drôle d’animal; si vous me lisez depuis un moment, vous en êtes sans doute déjà convaincu.

Si j’ai mis en questions la notion d’orientation sexuelle appliquée au BDSM, c’est parce que je me reconnais peu dans cette idée, contrairement à élodie. Je comprends toutefois que pour elle, le BDSM peut réellement être vu comme une orientation sexuelle de par la portée qu’il a sur sa personne et son érotisme. Ces gens-là qui, comme les jeunes précocément conscients de leur attirance homoérotique, vont soutenir que ça fait partie d’eux, donc que c’est dans leur chair.

C’est lorsqu’on est confronté à des cas comme moi où les choses sont moins tranchées qu’on se demande si cette grande catégorie tient nécessairement la route.

Si vous revenez à l’analyse de mes propos, vous constaterez que la façon dont je vous parle de mon érotisme s’est transformé depuis la fondation de ce blog.

Lorsque j’ai commencé à l’écrire, je sortais d’une relation intéressante mais pénible par moment, où je devais régimenter le moindre aspect de la vie de ma soumise, qui ne voulait ou ne pouvait le faire elle-même. En couple avec l’esclave parfaite, mon énergie était investie à l’autonomiser. J’ai donc soupé des jeux d’autorité et d’appropriation; c’est pourquoi j’étais plus axé kink et rough sex durant ma période sandrine… si vous revenez à décembre 2007, vous lirez que les fantasmes de domination sous forme de mode de vie sont revenus en grande… Bref, que mon rapport au D/s était fluctuant, voire malléable considérant que d’une partenaire à l’autre, je me permets de me laisser inspirer par ce qui l’énergise…

Qui plus est, lors de mon recul durant le temps des fêtes, j’ai réalisé que même si le BDSM est en soi un domaine vaste et stimulant, depuis ma plongée dans le lifestyle, j’avais peut-être perdu de vue les aspects de mon érotisme qui s’écartaient du B, D, S, M…

Donc, à quoi ressemblerait ma propre orientation érotique? (élodie, prend des notes…) Je réponds en fonction des dimensions que j’ai mises de l’avant hier.

Vers quel sexe vont mes préférences? Je suis strictement hétérosexuel. Les légères attirances envers des hommes étaient beaucoup plus des "kicks" sur des gars que je respectais énormément, qui se sont rapidement estompés; je n’ai jamais désiré de contact sexuel avec un homme (quoique j’ai déjà réfléchi sur ce que m’inspirerait le jeu avec un homme, même dans ces méditations, c’était un BDSM sans sexe qui jouait sur la frustration du gars). Bref, comme disait la chanson: Girls, girls, girls.

Qu’est-ce qui me stimule particulièrement chez ma partenaire? Les cheveux longs et raides, le maquillage (particulièrement des yeux), et TOUS, je dis bien TOUS les accessoires féminins - de la barrette aux orteils vernis. Je me suis amusé de noter que je trouvais sexy les femmes qui portaient un sac à main. J’aime une femme qui sait bien s’habiller et se coiffer, et transmettre une image différente de fois en fois selon ses (et mes!) désirs. Je suis à l’affût des tendances mode féminine; mon ex vient prendre conseil avant de magasiner, c’est dire… Je suis aux antipode des autres hommes: après 1h où mademoiselle se prépare, je suis du genre à dire "je pense ton autre rouge à lèvres ferait mieux, va le changer!" Drôle d’animal, je l’avais dit!

Ce que j’aime faire avec…: prendre des photos, faire des films, tout ce qui touche l’anal, jouer avec mes fluides, gifler, y aller durement… mais aussi prendre soin, caresser, caliner, embrasser langoureusement. J’aime la laisser émue, que ce soit par tendresse ou par cruauté.

Mon rapport de prédilection: évidemment, être dominant. Mais pas "dominant ferme ta gueule" à la base. Je serais mal à l’aise dans une relation qui ne serait pas chaleureuse, connectée.  J’aime aussi que le rapport de ma partenaire à moi inclue du respect, de l’admiration, de la dévotion. Parce que ma relation idéale n’implique pas moins de mon côté, bien que sous un mode dominant.

Quelle énergie me nourrit? Deux axes. Premièrement, le désir de plaire. Pas "je ferai tout ce que tu veux"; plutôt, comprendre et m’approprier l’érotisme de ma partenaire et en jouer comme d’un instrument, la laissant haletante et la tête qui tourne! Deuxièmement, la domination me permet de me mettre en contact plus étroit avec des pulsions qui m’ont pris des années à apprivoiser et à mettre de l’avant, afin d’arriver à cet état où je déconnecte et me sers simplement, en faisant abstraction de mes préoccupations d’être correct… Bref, lorsque l’humain, l’animal, le dominant se fondent en un… lorsque je sens l’énergie qui m’habite prendre la forme d’une avalanche, puissante, inarrêtable… C’est une énergie qui était verrouillée en moi, mais dont le BDSM s’est avéré être la clé… Et que je continue à libérer de mieux en mieux!