C’était l’automne, dans sa belle partie, où les feuilles sont colorées et les jours tièdes. Un message m’est parvenu d’un site de rencontre que je fréquentais, mais qui n’avait encore rien donné d’abouti. Rapidement, le contact est noué. Quand même vétéran du t’chat en ligne, je me méfiai jusqu’à ce que j’entende sa voix au téléphone. Elle était bien réelle.
Résidante d’une ville à deux heures de chez moi, syl m’apparaît une fille enjouée. Un an de moins que moi, elle est une ancienne dominante depuis quelques années qui cherche maintenant à expérimenter l’autre côté de la médaille.
Ça fait quelques jours que nous discutons lorsqu’un beau lundi, je reçois un courriel me disant qu’elle serait dans ma ville le matin même à 11h, qu’elle m’attendrait à tel endroit et qu’elle continuerait simplement son chemin si je n’y étais pas. C’est bientôt… Je me prépare, traverse la ville et la trouve à l’heure et au lieu dits.
C’est une jolie fille, comme sur les photos. Beaux grands cheveux, regard expressif, sourire facile. On se trouve une terrasse. Elle prend un drink. Moi un cappuccino.
Nos préférences se ressemblent, à quelques exception près. Je pose des questions sur elle, ses relations passées, sa vie présente et passée. C’est une nomade qui passe facilement d’une job, ville, relation à l’autre. S’agira donc de bien l’attacher en place. La conversation est plaisante, et l’impression est réciproque. Les boissons finies, on prend une marche. On rit, on se titille subtilement, bref, on s’amuse.
Au terme de la rencontre, elle accepte de se soumettre à moi. Il est convenu que son initiation aura lieu le vendredi suivant. Avant qu’elle me quitte, nous vivons soudainement l’un de ces moments où l’on sent le courant passer, dont un baiser est la conséquence inéluctable… Ce qui ne m’empêche pas de vouloir prendre un détour.
"Déboutonne un bouton." Elle me fixe. Un frisson la traverse. Elle s’exécute.
"Un autre." L’ouverture de sa blouse me montre maintenant son soutien-gorge. C’est une rue passante sur l’heure du midi (et la mode est encore loin d’être au plongeant comme maintenant). Je m’approche pour lui murmurer à l’oreille…
"Lorsque tu sais donner, je donne en retour…"
Je l’ai embrassé fougueusement. Je ressentais toute son envie dans ses lèvres offerte, dans sa langue curieuse.
Immédiatement après notre baiser, j’ai tourné les talons et je suis parti sans me retourner.
Savait-elle à quel point j’étais joyeux de plonger dans ma première relation? Je l’ignore.
Mais je devine qu’elle était au moins aussi excitée.
