Les principes sont les fondations de notre relation. Le but de cette section était de donner à élodie l’heure juste sur ce qui devait l’habiter durant sa servitude volontaire. Ici, il s’agit moins d’instructions comportementales que l’énoncé des valeurs qui cimentent et donnent sa forme à notre rapport. Mes commentaires sont en italiques.
Les principes
Les principes représentent les valeurs qui caractérisent l’échange de pouvoir. Ils énoncent les priorités que l’esclave doit avoir en tête pour diriger ses actions. Les infractions à ces principes représentent des fautes graves qui seront sévèrement punies; une négligence volontaire peut aller jusqu’à la rupture du contrat. Elles ne peuvent donc pas être transgressées par jeu.
J’aime bien cette dernière précision. Une esclave qui magasine des claques, ça peut être cocasse à l’occasion, mais une écervelée qui ment ou triche pour ce faire va trop loin, et entre dans le "c’est pas drôle, arrête et ne recommence plus jamais". L’idée que ces principes sont assez importants pour ne pas être négligés par jeu rend clair là où se situe la limite.
1. Discrétion
La nature du lien Maître-esclave est une affaire privée qui doit demeurer cachée aux yeux de la famille, des amis, des collègues, des clients, et ainsi de suite. En ce sens, en présence d’une personne connue non sensibilisée à la notion d’échange de pouvoir, tous les indices d’esclavage, de soumission ou de fétichisme doivent être immédiatement dissimulés, même si cela contrevient à d’autres instructions (par exemple en détachant des liens). Advenant l’arrivée impromptue d’une telle personne, l’esclave devra se soustraire à ses regards et se rendre discrètement présentable dans les plus brefs délais.
Ce premier point va de soi, mais la fin clarifie jusqu’où elle doit aller pour préserver le secret de notre relation. Lorsqu’un voisin frappe à la porte en disant que c’est urgent, ça n’est pas le temps de se demander si on peut se détacher et se rhabiller sans permission. La relation restera plaisante et notre vie moins problématique tant que le principe de discrétion est respecté; c’est pourquoi je l’ai placé en première position.
2. Transparence
Le caractère intense et complexe de l’échange de pouvoir ne peut avoir lieu que dans une ambiance de transparence de tous les instants. L’esclave a le devoir de se révéler entièrement et immédiatement, tant à propos de son esclavage que sa vie en général. Elle a la responsabilité de manifester poliment ses craintes, ses insatisfactions et ses préoccupations à la première occasion opportune. Si l’esclave a besoin d’un moment pour mettre de l’ordre dans ses pensées avant de les exprimer, elle doit demander un délai (qui peut être accordé ou non).
Si elle doit recourir à une dissimulation en vue de préparer une surprise au Maître ou pour toute autre raison non maligne, elle pourra invoquer la clause d’opacité, c’est-à-dire une suspension temporaire du principe de transparence en vue de l’accomplissement d’un objectif précis.
Il est entendu que le Maître n’utilisera pas de tromperie ou de dissimulation maligne qui pourraient remettre en question la confiance qui lui est offerte.
Je pense que les mots choisis indiquent à mon esclave la nécessité de se révéler tout en tenant compte de deux obstacles acceptables à la transparence: la confusion, où ce qu’elle vit n’est pas clair pour elle-même, et la possibilité de m’empêcher de gâcher une surprise en la forçant à se révéler (oh zut!). Notez que je m’engage à une forme de transparence également, pas aussi totale que la sienne, mais pour lui permettre d’avoir l’heure juste en tout temps.
3. Soumission
La servitude volontaire implique que l’esclave obéisse immédiatement et sans résistance aux instructions de son Maître, à ses exigences et à ses caprices. Elle devra accepter toute punition ou mesure disciplinaire qui lui échoit. Elle devra obéir aux principes, règles de conduites et protocoles en vigueur. Elle devra également démontrer en tout temps une attitude respectueuse et humble, appropriée au statut d’esclave.
L’esclave devra apprendre à concevoir son corps, son temps, ses efforts et ses pensées en tant que propriétés du Maître, et de lui permettre d’en disposer en tant que telles.
Duh. La seule surprise de ce principe est qu’il vienne en troisième. J’ai déjà expliqué la raison de la discrétion au sommet… Pour moi, la transparence est plus importante que la soumission, parce que je préfère de loin qu’elle exprime ses doutes et ses résistances avant de m’obéir - l’inverse serait d’obéir d’abord, s’interroger ensuite. Pas qu’elle soit pleine de doute, au contraire. Mais je ne voudrais pas qu’elle taise des conflits intérieurs importants au nom de sa soumission. Une fois que je suis au courant, rien ne m’empêche d’exiger qu’elle le fasse, mais au moins je lui dirai "en avant!" en connaissance de cause.
4. Sincérité
Il est exigé de l’esclave qu’elle s’exprime toujours avec sincérité, c’est-à-dire que ses paroles reflètent ses pensées et ses sentiments. Les principes de transparence et de sincérité existent pour que le Maître puisse prendre des décisions éclairées en tenant compte des propos de son esclave. Elle est donc responsable de ses paroles, et est présumée de bonne foi.
Il est entendu que le Maître usera pareillement de sincérité pour que son esclave ait l’heure juste quant à ses besoins, ses exigences, sa satisfaction ou toute autre chose qu’il jugera bon de commenter.
Les paroles mises dans la bouche de l’esclave par les instructions du Maître et les jeux de rôles sont des situations où le principe de sincérité est évidemment suspendu.
La contrepartie de la transparence: ce qui est dit peut être cru, pris pour du cash comme on dit ici. S’il y a un écart entre ses paroles et ses émotions ou ses pensées, elle en est la seule responsable.
5. Loyauté
L’esclave et le Maître reconnaissent que leur couple est leur relation prédominante entre toutes. Il importe que chacun déploie les efforts nécessaires pour que le couple demeure source de plaisir et de bonheur, dans une ambiance harmonieuse et empathique. Il est entendu que le Maître et l’esclave n’agiront jamais avec des intentions malignes contre l’autre, que ce soit par leurs gestes, par inaction, par médisance ou infidélité.
Étrangement, alors que je voulais poser ma relation avec élodie comme la plus importante entre toutes, elle a lu entre les lignes qu’une relation prédominante en impliquait d’autres. J’ai dû la rassurer: je n’ai nullement l’intention de me trouver une seconde soumise. Je voulais plutôt, par cette clause, indiquer que si jamais d’autres joueurs se joignaient à nous, nous aborderions la chose en tant que couple, et pour le plaisir du couple. Je gardais en tête la possibilité d’invités pour des fantasmes particuliers, mais mon idée n’était pas de me taper des aventures en parallèle. Je suis assez fier du principe suivant, parce qu’il me donne un excellent outil pour moduler mes attentes selon la situation dans laquelle nous nous trouvons.
6. Les trois modes
Les règles de conduite ne sont pas les mêmes dans tous les contextes; il importe donc de définir trois modes et les règles qui régissent l’expression de la servitude volontaire pour chacun.
1- Le mode Privé. Il s’agit de toutes les circonstances où le Maître et son esclave peuvent agir et s’exprimer à l’abri des regards ou des jugements des autres. Le Privé inclut le contexte domestique, les lieux publics et non surveillés ou les situations où l’expression de l’échange de pouvoir est comprise et acceptée (soirées fétichistes, en présence d’amis dominants ou soumis, etc.).
2- Le mode Public. Il s’agit de toutes les circonstances où le Maître et son esclave sont en-dehors du mode privé, mais sans qu’il soit question de réputation, de responsabilité ou de performance. Le Public inclut la majeure partie des activités quotidiennes extérieures (magasinage, entraînement au gym, promenades, visites, etc.).
3- Le mode Responsable. Il s’agit de toutes les circonstances où des comptes peuvent être exigés ou rendus. Elles englobent les activités professionnelles ou éducatives, les relations avec les ami(e)s et la famille. À moins d’une mention contraire explicite, les activités ayant lieu dans le mode Responsable sont libres de toute exigence des règles de conduite ou du protocole, conformément au principe de discrétion.
Demain: les règles de conduite!